L’Allemagne s’élève contre le sexisme au quotidien

par La rédaction

Bruderle

La révélation de remarques lubriques d’un responsable politique à l’égard d’une journaliste conduit les Allemandes à donner de la voix contre le sexisme ordinaire.


 

Rainer Brüderle se refusait encore, lundi 28 janvier, à tout commentaire. Le chef de file du Parti libéral-démocrate (FDP) pour les prochaines élections législatives en Allemagne est pourtant, depuis quelques jours, au centre des débats. Mais pas pour des raisons purement politiques.

C’est une journaliste de 29 ans, Laura Himmelreich, qui a révélé, le jeudi précédent dans le magazine Stern (article ici en allemand), le paternalisme lubrique dont l’homme politique de 67 ans avait fait preuve à son égard.

‘Les politiciens font craquer toutes les journalistes’

C’était un an plus tôt, au bar d’un hôtel à l’issue d’un meeting du parti. La jeune journaliste et le politicien engagent une conversation. Rainer Brüderle commence par faire référence à la poitrine de la journaliste. Qui raconte ainsi la suite de la scène :

« Au cours de notre conversation, il saisit ma main et l’embrasse. « J’aimerais que vous m’inscriviez sur votre carnet de bal ». « M. Brüderle, lui-dis-je, vous êtes un politicien, je suis journaliste ». « Les politiciens font craquer toutes les journalistes », dit-il. Je réponds : « Il vaut mieux que relations restent professionnelles. » « En fin de compte, nous ne sommes que des êtres humains. » »

Laura Himmelreich dit avoir décidé d’évoquer cette scène après que Rainer Brüderle a été désigné par son parti comme chef de file pour les législatives. Quelques jours plus tôt une autre jeune journaliste, Annett Meiritz, dénonçait dans le Spiegel online des attitudes misogynes au sein du Parti pirate.

Un débat « important et attendu depuis longtemps »

Le caractère tardif de la révélation de Laura Himmelreich est critiqué par certains en Allemagne, et plusieurs hommes politiques tentent de minimiser l’attitude du leader du FDP. D’autres, comme les Verts, soulignent au contraire à quel point ce débat « est important et attendu depuis longtemps. Il met en évidence les structures de discrimination au quotidien, mais aussi le fait que de nombreux hommes considèrent que le sexisme est une bagatelle, voire leur bon droit ».

Et de fait, l’affaire a suscité une libération de parole sur les attitudes sexistes. Les commentaires affluent sur le site « Alltag sexismus » (« Sexisme au quotidien ») lancé par la féministe berlinoise Anne Wizorek, dans la lignée du projet britannique « Everyday sexism« . Et sur Twitter le mot-dièse #aufschrei (‘cri’) a suscité en quelques jours des dizaines de milliers de commentaires sur le sexisme ordinaire, dans la rue ou au travail.

Un débat à rapprocher de celui sur la parentalité. En décembre dernier, l’Institut fédéral de recherche démographique (BiB) déplorait encore la pression culturelle qui pèse sur les mères allemandes, culpabilisées quand elles travaillent alors qu’elles ont un enfant en bas âge.

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Sortir du silence sur les violences sexuelles en 140 signes

Photo : FDP – Rainer Brüderle en 2009

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3 commentaires

de profundis 29 janvier 2013 - 11:11

Ein DSK in Deutchland auch ! so

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Euterpe 29 janvier 2013 - 11:58

Il y a déjà un DSK en Allemagne, monsieur le mauvais germaniste « de profundis » !
Il s’appelle Jörg Kachelmann, est un célèbre présentateur météo qui a été accusé de viol.
Mr Brüderle est actuellement accusé de sexisme, pas de viol.
Il y en a qui non seulement massacre l’allemand mais ne comprenne pas le francais.

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de profundis 29 janvier 2013 - 13:30

« Euterpe »
Il y a déjà un DSK en Allemagne, monsieur le mauvais germaniste « de profundis » !
Il s’appelle Jörg Kachelmann, est un célèbre présentateur météo qui a été accusé de viol.
Mr Brüderle est actuellement accusé de sexisme, pas de viol.
Il y en a qui non seulement massacre l’allemand mais ne comprenne pas le francais.

Piètre germanotruc, je le confesse. DSK, bien avant l’histoire de New York avait le même genre de comportement avec les femmes journalistes et personne n’a moufté. Depuis en effet ça a changé

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