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L’appel d’un prince saoudien pour le droit des Saoudiennes à conduire

par La rédaction

alsaoudDans une longue lettre, le prince et homme d’affaires Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud dénonce l’interdiction faire aux Saoudiennes de prendre le volant.


 

« Il est grand temps que les Saoudiennes puissent prendre le volant ». Mardi 29 novembre un prince saoudien, Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, a publié une longue lettre (ici en anglais) dans laquelle il se positionne pour le droit des Saoudiennes à conduire. L’Arabie Saoudite est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire une voiture.

« Une telle interdiction est fondamentalement une violation des droits des femmes, d’autant plus qu’elle persévère après qu’elles ont obtenu le droit à l’éducation et au travail salarié », estime l’homme d’affaires milliardaire. Et d’exposer une série de raisons, économiques principalement, mais aussi sociales, religieuses et politiques, qui justifient que les Saoudiennes puissent prendre le volant.

Cette voix aura-t-elle plus d’impact que celles des militantes Saoudiennes qui, depuis des années, réclament ce droit, parfois en défiant les autorités, sans succès ? Rien ne l’assure. Le prince est un homme d’affaires, pas un politicien.

Enjeu économique

S’il se positionne de longue date comme un défenseur des droits des femmes – au regard de la rigueur du pouvoir saoudien – son appel reste mesuré. Il condidère par exemple que les femmes ne devraient pas pouvoir conduire hors des limites des villes. Et devraient toujours avoir un téléphone sous la main par mesure de sécurité – mais aussi pour pouvoir les suivre à la trace.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’ Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud prend position pour le droit des Saoudiennes à prendre le volant. Il l’avait déjà fait en 2013, invoquant des raisons économiques : le recours à des chauffeurs privés, venus de l’étranger, pour se déplacer, serait un gouffre financier pour le royaume. Au printemps dernier, un chroniqueur d’un journal local l’avait évalué à près de 4 milliards de dollars. Mais quelques jours plus tôt le pouvoir saoudien avait douché tout espoir d’évolution : c’est à la société saoudienne de décider si les femmes peuvent conduire, et « à ce jour, la société n’est pas convaincue », avait déclaré le vice-prince héritier Mohammed Ben Salmane.

 

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