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Appels à un plan de relance pour l’égalité des sexes

par La rédaction

Métiers surexposés et précaires, pauvreté aggravée, violences, travail gratuit augmenté… la crise sanitaire frappe durement -et durablement -les femmes. Alertes du CESE et de la Fondation des femmes qui appellent à un plan de relance féministe.

La pauvreté des femmes va augmenter de 9% alors qu’une baisse de 2,7% était prévue s’il n’y avait pas eu le covid indiquent les calculs d’ONU Femmes.  Et les signaux d’alerte sont au rouge depuis le début de la crise.

Dans un avis présenté et voté, le 24 mars 2021, la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité du Conseil économique, social et environnemental (Cese) liste l’aggravation des inégalités.

Les deux corapporteures, Olga Trostiansky et Dominique Joseph, rappellent que des métiers indispensables pour faire face à cette crise sont très féminisés et souvent très précaires comme celui des aidantes familiales ou du service à domicile. Les « métiers du front » féminisés sont peu valorisés : soignantes, caissières, auxiliaires de vie, infirmières, couturières, enseignantes, femmes de ménage. 

Les inégalités au sein de la famille se creusent, les femmes étant conduites à prendre en charge un surcroît de travail domestique et familial s’ajoutant à une situation déjà déséquilibrée. Elles finissent par arbitrer en faveur de ce travail non rémunéré. Ce surcroit de charges sur leurs épaules a généré des situations de « burn out ». Ce à quoi s’ajoute l’augmentation des violences faites aux femmes.

Et ces questions sont dans l’angle mort du plan de relance. La Fondation des femmes le dénonce dans son nouveau rapport sur L’impact du Covid-19 sur l’emploi des femmes : « les secteurs d’avenirs qui concentrent la majeure partie des financements de la relance sont des secteurs fortement “masculinisés”. Sur les 35 milliards des plans de relance sectoriels de juin 2020, seulement 7 milliards sont dédiés à des emplois occupés par des femmes. Alors que les secteurs féminisés sont les plus touchés, la relance les oublie. Le décrochage des femmes est donc un risque réel et alarmant.»

Principe d’éga-conditionnalité

Le CESE a formulé 18 préconisations pour le plan de relance économique. Si il veut la parité dans les instances de décision, il  préconise surtout la généralisation du recours aux données et aux outils d’aide à la décision genrés. La délégation aux droits des femmes appelle à mettre en œuvre sans délai le principe d’éga-conditionnalité pour toutes les aides publiques. Le CESE appelle à flécher une part du plan de relance sur l’égalité entre femmes et hommes. (notamment aux entreprises et à la création d’entreprise). Il préconise une revalorisation des métiers du « care ». Pour y parvenir, il faudrait engager d’urgence un travail sur la classification des emplois sur la base du principe de « salaire égal à travail de valeur égale » au sein d’une conférence salariale. Il préconise aussi une amélioration du financement de la garde d’enfants. Le CESE appelle à intensifier la lutte contre les violences faites aux femmes.

La fondation des femmes articule ses  propositions en trois axes : 

  •  « un investissement au service de l’égalité (mise en place d’un service public de la petite enfance plus accessible et flexible, revaloriser fortement et  immédiatement les salaires des métiers féminisés, financer les reconversions des femmes vers des filières d’avenir…). 
  • la prévention des inégalités et des violences faites aux femmes (lutte contre les violences faites aux femmes en entreprise, mise en place de normes pour le télétravail,…)
  • instaurer davantage de mixité dans les instances de prise de décisions et de gouvernance, tant des politiques publiques que des entreprises (mettre en place l’éga-conditionnalité, la mesure d’impact des budgets et l’égalité dans les sphères de décisions sur la crise et les plans de relance) » 

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