Sortie de route pour la journaliste France Pierron. Dans son émission « L’Equipe de Choc », elle s’est scandalisée qu’un joueur puisse abandonner la Coupe du monde de football pour assister à la naissance de son enfant. Mais ses propos sexistes ont déclenché une vague de harcèlement sexiste contre la journaliste…

Il y a quelques jours, Les Nouvelles News notait une recrudescence des congés paternité coïncidant avec la Coupe du monde de Football, qui se déroule du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis (détournant ainsi l’objectif de meilleur partage des responsabilités parentales). Il semblerait que, dans certains médias, la question de la paternité, même celle des sportifs, passe bien après celle de la compétition.
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« Le papa ne sert à rien »
« C’est vraiment une chance de participer à une Coupe du monde. Il y a des centaines de footballeurs qui tueraient pour être à ta place, c’est un rêve de gosse. […] Et tu vas quitter tout ça pour aller assister à la naissance de ton enfant qui est un moment dégueulasse, excusez-moi, où le papa ne sert à rien, il a un rôle de figurant ? ». Ces propos ont été entendus le vendredi 19 juin dans l’émission L’Equipe de Choc, diffusée sur la chaîne L’Équipe. La présentatrice, France Pierron, s’est offusquée que l’attaquant belge Jérémy Doku ait annoncé être prêt à quitter le Mondial pour assister à la naissance de son premier enfant.
Ces propos sont révélateurs d’un sexisme encore ancré dans le journalisme sportif. Les paroles de France Pierron trahissent également une vision étriquée de l’accouchement comme une étape de la parentalité qui ne concernerait que celles qui accouchent.
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Bad buzz
Face au « bad buzz », comme le qualifie L’Équipe, la chaîne se « désolidarise » des propos de France Pierron :« Ces propos sont très éloignés des valeurs du Groupe et s’excuse auprès du footballeur concerné et plus globalement auprès de son public », peut-on lire dans un communiqué. L’Équipe conclut : « Cet épisode doit nous rappeler collectivement une exigence fondamentale : la liberté de ton, le débat et la confrontation des opinions font partie de notre ADN, mais ils ne nous dispensent jamais d’une vigilance éditoriale ».
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La présentatrice a également présenté des excuses. Sur X, elle écrit : « J’y exprimais un avis personnel, dans le cadre d’un échange contradictoire. Je comprends qu’ils aient pu choquer, heurter ou blesser certains d’entre vous, et j’en suis désolée. Mon intention n’a jamais été de minimiser la place ou le rôle des pères auprès de leur conjointe et de leur enfant ».
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Mais cela ne suffit pas à apaiser. Suite à ses propos, les réactions contre la présentatrice se sont multipliées… jusqu’à dériver vers du harcèlement sexiste. Le journaliste Pierre Lescure a notamment écrit sur X : « T’as vraiment envie de plaindre les enfants (et le mec) qu’elle a ou qu’elle aura… Pauvre caricature… »
Combien d’hommes journalistes, encore plus dans le sport, ont tenu des propos sexistes sans subir un tel harcèlement et aucune sanction ? France Pierron, elle, paie cher son dérapage.
Suite à la polémique, L’Équipe a fait le choix d’écarter la présentatrice et l’émission du lundi 22 juin n’a pas été présentée par France Pierron mais par Pierre Bouby, chroniqueur et ancien joueur de football professionnel.
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L’association Femmes journalistes de sport a également réagi. « Nous désapprouvons totalement et sans réserve les propos rétrogrades tenus par France Pierron le vendredi 19 juin sur la chaîne l’Equipe », écrit l’association, avant d’ajouter : « Si nous les condamnons, nous condamnons également le harcèlement qu’elle subit depuis. Nous rappelons que le cyberharcèlement est puni par la loi, et que les femmes sont particulièrement ciblées en ligne. Rien ne justifiera jamais les menaces, encore moins de viol ».
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