Accueil International Quand l’Arabie Saoudite s’occupe à l’ONU de « l’autonomisation des femmes »

Quand l’Arabie Saoudite s’occupe à l’ONU de « l’autonomisation des femmes »

par La rédaction
Ouverture de la 61ème session de la CSW, le 13 mars 2017.  UN Photo/Rick Bajornas

Ouverture de la 61ème session de la CSW, le 13 mars 2017. UN Photo/Rick Bajornas

« C’est comme nommer un pyromane chef des pompiers ». L’Arabie Saoudite a été élue comme État membre de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies.

 

L’Arabie Saoudite va occuper un siège à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW). C’est l’organisation UN Watch qui l’a révélé samedi 22 avril : le royaume rigoriste a été élu pour la période 2018-2022 parmi les 45 États siégeant à la CSW, présenté par l’ONU comme « le principal organe intergouvernemental mondial dédié exclusivement à la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes ».

Au sein de cette Commission l’Arabie Saoudite, où les femmes n’ont pas le droit de conduite une voiture ou de voyager à l’étranger sans gardien mâle, pourra ainsi contribuer « à l’établissement des normes mondiales relatives à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes. »

Pour le Canadien Hillel Neuer, directeur exécutif d’UN Watch, « élire l’Arabie Saoudite pour contribuer à la protection des droits des femmes, c’est comme nommer un pyromane chef des pompiers ». UN Watch s’était déjà élevé, à l’automne 2015, contre la reconduction d’un Saoudien à un poste-clé au sein du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

Voir : Remous après la promotion d’un Saoudien au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU

La CSW dépend de l’ECOSOC, Conseil économique et social des Nations Unies. C’est par un vote des 54 États membres de ce Conseil que l’Arabie saoudite s’est vue attribuer ce siège lui permettant de donner de la voix sur les droits des femmes. Selon UN Watch, au moins 5 États de l’Union européenne ont permis l’élection du royaume rigoriste.

Les mécanismes de l’ONU ne permettent pas vraiment de laisser le royaume saoudien à la porte de ce genre d’institution. Comme d’autres organes onusiens, la CSW doit comporter un nombre donné d’États représentant chaque région du globe. D’autres pays peu respectueux des droits des femmes, comme l’Iran ou le Qatar, en ont déjà été membres.

 

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6 commentaires

6 commentaires

flo 24 avril 2017 - 13:26

« Commission of the status of women », s’il vous plaît, ne traduisez pas par « Commission de la condition de LA femme » ! Avec une pensée pour l’Arabie Saoudite, pays dans lequel l’essentialisme est très en vogue…

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Arnaud Bihel 24 avril 2017 - 16:21

Pardon, ça nous fait mal aussi mais c’est ainsi qu’elle se nomme en français, et nous ne pouvons pas nous permettre de modifier un nom officiel.

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Lefevre 25 avril 2017 - 18:59

Que faire, avez vous des alternatives? Procès appels en cours? Merci

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flo 26 avril 2017 - 08:35

Un procès pour traduction erronée ? Vous y allez un peu fort nous ne sommes pas en Corée du Nord tout de même ! En revanche on peut aller sur le site ONU Femmes France, cliquer sur la petite enveloppe en haut à droite et leur écrire un mail pour leur expliquer que « women » se traduisant par « femmes » ils ont mal traduit le sigle CSW. On peut aussi leur proposer de prendre des cours d’anglais et de féminisme 😉 Bien à vous

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rez 24 avril 2017 - 14:52

quelle régression…
ras le bol de ces attardés… couilles molles de mecs et autres

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Linda Weil-Curiel 25 avril 2017 - 12:58

La Ligue du droit international des femmes et la CLEF lancent une campagne pour le boycott sportif de l’Arabie Saoudite et de l’Iran en raison de leur politique d’apartheid sexuel.Les filles n’ont pas le droit d’assister aux compétitions dans les stades. Au dernier marathon de Téhéran les femmes ont été contraintes de courir dans un lieu clos tandis que les hommes couraient sur la voie publique.
Jusqu’à présent Anne Hidalgo n’a donné aucune suite à notre demande rv.

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