Accueil International En Arabie saoudite, la révolution du volant ?

En Arabie saoudite, la révolution du volant ?

par La rédaction

Manal al-Sharif, capture d’écran Youtube

Une Saoudienne est poursuivie pour avoir incité les femmes à conduire. La revendication du droit des femmes à prendre le volant sonne comme un défi au régime.

 

Manal al-Sharif est menacée de poursuites en Arabie saoudite… pour avoir pris le volant. Cette femme de 32 ans, consultante en sécurité informatique, est détenue depuis dimanche, « accusée d’inciter sur internet les femmes à conduire ».

Sa faute, précisément ? Avoir conduit une voiture à Khobar, dans l’est du pays, et en avoir diffusé les images sur YouTube. L’Arabie saoudite est le seul pays au monde où la conduite est interdite aux femmes, même étrangères.

Manal Al-Sharif, qui a appris à conduire aux Etats-Unis, est avec d’autres militantes, à l’origine d’une campagne appelant les autorités saoudiennes à mettre un terme à cette ségrégation. Une campagne relayée notamment via la page Facebook « Apprenez-moi à conduire pour que je puisse me défendre » (ici en anglais).

Une autre campagne sur les réseaux sociaux, Women2Drive, appelle les Saoudiennes à une journée de mobilisation au volant le 17 juin prochain.

Pour les autorités du pays, les femmes ne doivent pas prendre le volant car conduire les exposerait à la tentation, en les faisant entrer en contact avec des garagistes ou des policiers. Dans la vidéo postée sur Youtube, Manal Al-Sharif souligne « qu’aucune loi en islam n’interdit aux femmes de conduire », l’interdiction étant due au poids de la tradition dans dans le royaume ultraconservateur, rapporte l’AFP.

« La femme du prophète Mahomet a mené une armée à dos de chameau, et aujourd’hui en Arabie saoudite une femme est arrêtée pour avoir conduit », ironise le militant anti-intégriste Maajid Nawaz. En novembre 1990, déjà, une quarantaine de femmes avaient défilé en voiture dans la capitale Ryad avant d’être arrêtées. Plusieurs d’entre elles, fonctionnaires, avaient été sanctionnées.

La situation, aujourd’hui, peut-elle être un déclencheur pour une aspiration plus générale à l’égalité dans le royaume ? La semaine précédente une autre saoudienne, Najla Hariri, s’était affichée au volant (sans être inquiétée, elle), inspirée par les mouvements démocratiques arabes, expliquait-elle à la BBC. Aujourd’hui, les réseaux sociaux s’emballent autour de la détention de Manal al-Sherif. Sur Twitter, l’identifiant #saudiwomenrevolution (révolution des femmes saoudiennes) est apparu. Au-delà de la revendication de la conduite, d’autres femmes militent pour le droit de vote aux élections municipales prévues en septembre. Le 28 mars dernier, les autorités ont confirmé que le scrutin était réservé aux hommes. Les lois dans le royaume interdisent aussi aux femmes de voyager sans l’autorisation d’un tuteur, et les placent en position d’infériorité en cas de divorce ou d’héritage.

 

 

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1 commenter

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ZapPow 24 mai 2011 - 16:13

Une vraie bande de tarés, ces Saoudiens. En 2008, la Shura, qui leur tient lieu de parlement mais n’est qu’un groupe de juges islamiques désignés par le roi, a recommandé qu’on autorise les femmes à conduire, sous certaines conditions.

Il faut le lire pour le croire :
http://www.genreenaction.net/spip.php?article6460

Vois ici, le florilège, en bas de page :
http://mapage.noos.fr/odalage/autres/femmes.html

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