Au Québec, les infirmières disent non à l’érotisation de leur profession

par Camille Saint-Cricq

Avant Halloween, une vidéo dénonce les costumes et représentations qui érotisent et dévalorisent la profession d’infirmièr.e.

Taper « costume d’infirmière » sur un moteur de recherche en ligne expose à des frayeurs. Illico apparaissent à l’écran des photos de femmes sexy, aguicheuses, affichant des décolletés profonds et des fesses offertes… A des années lumières du métier de soignant.e.

Alors à la veille d’Halloween où il est de tradition de se déguiser, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec dit « non à l’érotisation de la profession infirmière ».  Ces soignant.es ont lancé  « une campagne choc pour encourager la population à abandonner les costumes sexy pour les remplacer par de vrais uniformes d’infirmière. » La vidéo invite : « Les infirmières et infirmiers soignent le monde, soignons leur image ».

L’ordre affirme que cette érotisation « dévalorise leur profession et leur expertise. » Luc Mathieu, président de l’OIIQ, dénonce ces stéréotypes contreproductifs : « Les infirmières et infirmiers exercent une profession scientifique et leur expertise doit être davantage connue et valorisée. Il est temps que les perceptions changent. »

Sans compter les remarques salaces et agressions sexuelles que cette érotisation peut susciter dans les établissements de soins.

La vidéo oppose aux tenues fantasmées, les tenues réelles : pantalon et tee-shirt bleu, gants, visière, masque, blouse….

Il y a quelques mois, en Grande-Bretagne, cette érotisation d’uniformes réservés à la gent féminine était dénoncée par des lycéennes épuisées d’être importunées ou agressées par des hommes fantasmant sur leur tenue. Elles appelaient à interdire ces uniformes dans les sex-shops et films pornographiques.

Lire : « INTERDISEZ LES UNIFORMES SCOLAIRES DANS LES SEX-SHOPS ET LA PORNOGRAPHIE » : L’APPEL DES LYCÉENNES ANGLAISES

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