Accueil Eco & SocialEnvironnement Au « Sommet des consciences », des hommes en avant

Au « Sommet des consciences », des hommes en avant

par Arnaud Bihel

Pub LNN Sommet des consciencesUn « Sommet des consciences pour le climat » s’est tenu à Paris mardi 21 juillet. Sur les 51 personnalités à participer au mouvement contre le réchauffement climatique lancé par Nicolas Hulot, 20 sont des femmes. Pourtant dans la presse c’est un défilé de visages masculins. Chronique d’une invisibilisation.


 

« Lorsque Nicolas Hulot m’a suggéré d’organiser un Sommet des Consciences pour le Climat, il m’avait dit qu’il s’agissait d’en faire un moment de pause – nous y sommes -, de réflexion – je l’espère -, en amont de la Conférence sur le climat de décembre prochain pour répondre à une crise de civilisation qui ne dit pas son nom », a déclaré le Président de la République en ouvrant le « Sommet des Consciences » pour le climat organisé au Conseil économique, social et environnemental (CESE), mardi 21 juillet à Paris. Et l’enjeu est de taille : « Conclure un accord qui puisse être global, contraignant, différencié, qui s’applique partout et qui puisse être respecté. »

C’est de fait Nicolas Hulot, envoyé spécial de François Hollande pour la préservation de la planète, qui était à l’initiative de ce « Sommet des consciences ». Parmi les 51 personnalités qui participent à « l’appel des consciences » se trouvent 20 femmes. A Paris le 21 juillet, 14 femmes avaient fait le déplacement sur les 54 personnalités présentes. Pas paritaire, mais pas si mal.

Des hommes dans le texte et à l’image

Pourtant dans la presse, elles sont presque invisibles. Un petit tour d’horizon suffit : « L’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, l’acteur et ex-gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger ou encore l’essayiste Pierre Rabhi figurent au programme de cette grand-messe », détaille Le Monde. RFI évoque l’allocution de François Hollande, celle de Nicolas Hulot ou encore de Kofi Annan quand l’AFP, reprise entre autres par Le Point, met en avant le Bangladais Muhammad Yunus, pionnier du microcrédit et prix Nobel de la paix 2006, ou encore le patriarche orthodoxe Bartholomée.

Mais les médias ne semblent pas être les seuls fautifs. Les hommes sont de fait placés sur le devant de la scène : sur son compte Twitter, Ségolène Royal a publié une photo du Sommet sur laquelle ne figure aucune femme (à part elle) :

 

La ministre française de l’Ecologie est aussi la seule femme mise en avant sur le site la page du CESE qui évoque le sommet et, outre Nicolas Hulot, cite « entre autres, François Hollande, Kofi Annan, Michael Higgins, le Prince Albert II de Monaco, Mohammad Yunus, Laurent Fabius, Ségolène Royal… ».

L’exception Vandana Shiva

Au programme de l’événement le 21 juillet ce sont pourtant, on l’a dit, 14 femmes qui étaient présentes, un tiers des participants. Parmi elles la directrice de l’UNESCO, Irina Bokova ; la sénatrice et ancienne candidate à la présidentielle au Brésil Marina Silva ; la Népalaise Alina Saba, défenseure de l’Environnement ; Mary Robinson, ancienne présidente de l’Irlande et Envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour le changement climatique ; ou encore Vandana Shiva, altermondialiste indienne souhaitant changer profondément de modèle de société pour une « démocratie de la terre » (Les Nouvelles NEWS brossaient son portrait lors du sommet de Copenhague).

Finalement, seule Vandana Shiva tire son épingle du jeu dans la presse, en compagnie d’une autre intervenante, Valdelice Veron, porte-Parole du Peuple Guarani-Kaoiwa, qui quittait le Brésil « pour la première fois de sa vie », rapporte cet article du Monde. Les autres resteront dans l’inconscient…

 

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