Accueil Politique & Société Avant le « Grenelle», messages aux associations et aux préfets

Avant le « Grenelle», messages aux associations et aux préfets

par La rédaction
#NousToutes 6 juillet

Après la manifestation du 6 juillet, un « Grenelle des violences conjugales » est prévu pour septembre et des communications sont adressées aux forces de l’ordre et aux associations.

Dès le  dimanche 7 juillet, la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes a, dans un entretien au Journal du dimanche, annoncé que le gouvernement lancera en septembre à Matignon un « Grenelle des violences conjugales. » La veille, un collectif d’associations avait réuni 2000 manifestant.e.s pour mettre la pression sur le gouvernement afin qu’il agisse énergiquement  (voir Mobilisation pour une action politique de prévention des féminicides )

Le Grenelle devrait être introduit par le Premier ministre, Edouard Philippe, « et réunira les ministres concernés, acteurs de terrain, services publics, associations, familles de victimes » Il aura lieu « le 3/9/19, en écho au numéro 3919 » a précisé Marlène Schiappa. Et « ce processus se conclura le 25 novembre, pour la Journée contre les violences envers les femmes »

Les moyens d’appliquer la loi

Premiers grincements de dents : le 25 novembre arrive bien après le vote du budget déplore le collectif Nous Toutes. Cela veut-il dire que les mesures à prendre pour lutter efficacement contre ce fléau seront encore différées ? « C’est une plaisanterie ! » s’est exclamée Clémentine Autain, députée LFI, sur France Info « Il faut répondre en urgence. Il faut 200 places [d’hébergement d’urgence] ouvertes tout de suite… Il faut passer un cap dans la lutte contre les violences faites aux femmes.»  Et de reprendre la liste de mesures de formation des magistrats, policiers, médecins…  d’accueil des victimes, de mise à l’écart des hommes violents. Une liste de propositions connues, reformulée par Nous Toutes, expérimentées avec succès en Espagne notamment et rappelée lors de la mobilisation du 6 juin, des dispositions qui existent déjà dans la loi française mais ne sont pas appliquées faute de moyens et de formation des acteurs concernés. Les associations réclament les moyens d’appliquer la loi.

Première réponse de la ministre : le huit juillet, elle réunissait les associations d’aide aux victimes de violence financées par l’Etat et annonçait l’attribution d’une subvention exceptionnelle à la Fédération Nationale Solidarité Femmes afin d’ouvrir 240 places d’hébergements réservées pour les femmes victimes de violences conjugales.

Ces associations se sont montrées plutôt rassurées même si elles attendent avec impatience la concrétisation de ces 240 places. Le secrétariat d’Etat a même interviewé les représentantes des associations invitées et diffusé de courtes vidéos sur Twitter. Comme Françoise Brié, directrice générale de Solidarité Femme

ou Ghada Hatem, fondatrice de La maison des femmes

Consignes aux préfets

Autre temps fort annoncé, un message de Marlène Schiappa et Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur lors de la réunion des préfets qui se tient à Beauvau ce jeudi 11 juillet. Dans un communiqué, les ministres annoncent avoir « pris connaissance de l’étude nationale relative aux morts violentes au sein du couple sur l’année 2018 »

Cette étude réalisée par la « Délégation aux victimes des directions générales de la police nationale et de la gendarmerie nationale. » a été rendue publique mercredi 10 juillet.

En 2018, 149 personnes sont décédées sous les coups de leur partenaire ou de leur ex-partenaire de vie. Un chiffre en légère baisse : 151 en 2017 et 157 en 2016. Parmi ces victimes, 121 femmes contre 130 en 2017, et 28 hommes contre 21 en 2017.  Parmi les 28 hommes tués, 15 « avaient commis des violences antérieures » sur leur partenaire, et sur les 121 féminicides, 26 sont qualifiés d’assassinat (c’est-à-dire avec préméditation), 85 de meurtres et 10 de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Parmi les défaillances de la protection des victimes citées par les manifestant.e.s le 6 juillet : le mauvais accueil réservé aux victimes de violence dans les commissariats qui trop souvent renvoient les femmes dans leur foyer sans enregistrer de plainte, sans mesures de protection, et les laissent exposées à leur bourreau.

Les ministres détaillent les mesures déjà prises : formation sur « la prise en charge et l’accueil des victimes» dans les commissariats et gendarmeries, «référents accueil » formés. Et, avec des associations comme France Victimes, la Fédération Nationale des Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (FNCIDFF), la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) et d’autres associations locales présence d’intervenants sociaux, de psychologues ou permanences assurées aux côtés des forces de l’ordre. En outre, « depuis le 27 novembre 2018, le portail de signalement des violences sexuelles et sexistes accessible 7Jours/7 24H/24 permet d’orienter les victimes.

Face à ces constats Christophe Castaner annonce une résolution assez vague : « Mais nous devons aller plus loin et apporter une réponse encore plus forte. » « C’est pourquoi, à l’occasion de la réunion des préfets qui se tient à Beauvau ce jeudi 11 juillet, je leur demanderai, avec Marlène Schiappa, de se mobiliser sur ce sujet en vue du Grenelle des violences conjugales lancé le 3 septembre prochain. »

Marlène Schiappa précise dans le communiqué commun : « chaque femme qui se présente auprès d’un commissariat ou d’une brigade de gendarmerie pour déposer plainte pour des faits de violences conjugales doit être accueillie efficacement, il est nécessaire que chaque plainte soit enregistrée et traitée. Aucune femme ne doit rester livrée à elle-même alors qu’elle a fait la démarche de faire appel aux forces de l’ordre pour la protéger. » Le recrutement des 73 psychologues en commissariat y contribuera fortement, tout comme l’action des 261 intervenants sociaux en gendarmerie et police. »

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