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Avec Andrea Nahles, l’Allemagne compte cinq présidentes de partis politiques

par Isabelle Germain

Andrea Nahles | by SPD-Schleswig-Holstein

L’ex-ministre du travail succède à Martin Schulz à la tête du SPD. Et de cinq ! En Allemagne la parité n’est pas « de façade ».

Il fallait une boule d’énergie pour succéder à Martin Schulz, à la tête du parti social-démocrate (SPD) allemand, qui a connu une débacle électorale en septembre dernier. Avec, en guise de dommage collatéral, une baisse du nombre de femmes au Bundestag.

Voir : En Allemagne, le nombre de femmes parlementaires a chuté

Et ce sera Andrea Nahles, élue à 66% le dimanche 22 avril face à une autre femme, la maire de Flensbourg et ancienne policière, Simone Lange. A 47 ans l’ancienne ministre du travail, qui milite dans son parti depuis 30 ans, a promis de réunifier un SPD divisé depuis qu’il s’est embarqué à contre-cœur dans une troisième « grande coalition » avec la chancelière Angela Merkel.

Andrea Nahles a connu une sorte de consécration, lorsque, ministre, elle a négocié très longtemps le salaire minimum. Une consécration toute en machisme et tradition : le quotidien populaire Bild a pu dire d’elle qu’elle était « le seul vrai mec du SPD ».

Pourtant, les journaux allemands devraient commencer à s’habituer à penser que l’étalon pour évaluer un responsable politique n’est pas forcément « mec ». Car avec cette nouvelle élection, l’Allemagne s’éloigne encore de sa conception traditionnelle du rôle des femmes : les « trois K » Kinder (enfants), Küche (cuisine), Kirche (église).

Avec Andrea Nahles, désormais cinq  femmes dirigent des partis représentés au Bundestag, A commencer par le plus important, la CDU dirigée par Annegret Kramp-Karrenbauer qui se met dans les pas d’Angela Merckel. Mais il faut aussi compter avec Alice Weidel pour l’Alternative pour l’Allemagne fondée en 2013,  Annalena Baerbock, coprésidente de l’Alliance 90/Les Verts ou La Gauche, coprésidée par Katja Kipping. 

Certes, deux sont « co-présidentes » mais cette configuration de présidence à deux têtes semble moins systématique qu’en France lorsqu’il s’agit de placer des dirigeantes. Récemment, Valérie Rabault a dû batailler pour être seule à la présidence du groupe parlementaire « Nouvelle Gauche ». Elle est la première femme présidente de groupe parlementaire. Les seules qui l’ont précédée étaient co-présidentes en tandem. Et Valérie Rabault est simplement à la tête d’un groupe parlementaire, c’est encore un homme qui préside le parti. (voir Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle Gauche… bientôt groupe socialiste)

« Chez nous, la parité n’est que de façade » a tempêté Alba Ventura dans son édito politique sur RTL au lendemain de l’élection. Comparé à la politique en l’Allemagne en effet…

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