« Avocate, Bâtonnière », la féminisation des noms coincée à Strasbourg

par La rédaction

Le Barreau de Strasbourg a dit non à un point du règlement de la profession sur la féminisation des titres.

La féminisation des noms de fonction, titre, métiers semblait de moins en moins faire polémique et pourtant… Les Dernières Nouvelles d’Alsace annonçaient la semaine dernière que « Le barreau de Strasbourg s’est opposé à la féminisation des termes avocat et bâtonnier », ce qui a déclenché une nouvelle vague d’exaspération.

Le Conseil national des barreaux (CNB) consulte les différents barreaux de France depuis septembre pour revoir son règlement. Faut-il ajouter un point au règlement pour autoriser les consœurs à se présenter comme « avocate » ou Bâtonnière » dans les documents et les plaques professionnels ?  L’Ordre des Avocats de Strasbourg vient de dire non.

Pourtant, comme l’a fait observer Maître Nathalie Goldberg, avocate et présidente de la section locale à Strasbourg du Syndicat des Avocats de France (SAF), ces termes au féminin sont déjà rentrés dans les usages depuis belle lurette. Sur les plaques posées à l’entrée des cabinets d’avocates, c’est bien le mot « avocate » qui est inscrit.  Quand une cour de justice est présidée par une femme, il est désormais d’usage de dire « Madame la présidente ». La féminisation des noms est devenue -non sans mal !- presque une évidence désormais dans ce milieu professionnel très féminisé.

Parmi les membres du barreau de Strasbourg qui ont voté contre, les avis divergent. Sur Europe 1, Déborah Zouari, membre de l’Ordre des Avocats de Strasbourg, assure que la question n’était pas « pour ou contre la féminisation des termes » mais pour ou contre l’insertion d’un article préliminaire au règlement. Elle dit ne pas avoir besoin d’autorisation pour utiliser le terme « avocate », ce qui explique qu’elle ait dit non. Mais parmi celles et ceux qui ont voté contre, certains utilisent un argument que l’on croyait dépassé, estimant que « la distinction entre avocat et avocate créait déjà une discrimination pour la femme ». Il faut comprendre que féminin est considéré comme dévalorisé et dévalorisant par ceux qui voient une discrimination…

Les avocat.es grincheux de Strasbourg devraient pourtant être de grands défenseurs de la féminisation des noms. La place qui se situe devant le tribunal de Strasbourg porte le nom d’une grande avocate : Gisèle Halimi.

Lire aussi dans Les Nouvelles News

Notre journal en ligne n’est pas si vieux- 12 ans- , et pourtant, il regorge d’articles racontant, au fil de l’actualité, la résistance à la féminisation des noms les plus prestigieux.

Les Immortel·le·s enfin prêt·es à féminiser les noms ? (2019 !)

« Monsieur LA rapporteur », la féminisation des titres ne passe toujours pas à droite (2021 !)

Féminisation des noms de métier : les pionnières mal récompensées (2013)

« Madame la présidente » ne passe toujours pas à droite (2017)

et bien d’autres (à retrouver dans notre moteur de recherche)

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1 commenter

Jakes LAFITTE 19 novembre 2022 - 22:14

On dit bien aviatrice, actrice, institutrice, doctoresse, infirmiere, cheftaine, directrice, presidente,…donc pourquoi pas avocate ou batoniere? Mairesse est different, ce mot designe l’epouse du maire et ne se refere pas a la fonction; on dit plutot Madame le Maire.

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