Accueil Politique & SociétéFamilles Un garçon ayant une sœur passera moins l’aspirateur (et sera plus conservateur)

Un garçon ayant une sœur passera moins l’aspirateur (et sera plus conservateur)

par Arnaud Bihel
Vaisselle

Par cielodlp sur Flickr

Une étude montre que les hommes ayant eu au moins une sœur sont plus conservateurs, dans leur implication domestique et leurs choix politiques.


 

Pour un garçon, avoir une sœur augmente de 15 % la probabilité de devenir conservateur (« Républicain », puisque l’étude vient des États-Unis). Rien de génétique évidemment : ce serait plutôt lié aux habitudes familiales. Des chercheurs américains ont en effet constaté que les petits garçons effectuaient moins de tâches ménagères lorsqu’ils avaient au moins une sœur que lorsqu’ils n’avaient que des frères. Et l’habitude se perpétue fortement à l’âge adulte : les hommes ayant eu des sœurs sont 17 % plus susceptibles de déclarer que leur femme en fait plus qu’eux à la maison.

> Lire l’étude : « Childhood Socialization and Political Attitudes »

Les parents ont en effet plus tendance à attribuer certains travaux domestiques aux filles. Il semble que voir leurs sœurs faire les tâches ménagères dise aux petits garçons qu’il s’agit d’une activité féminine. Au contraire, si la fratrie ne comporte que des garçons, ils se partagent les corvées entre eux et elles n’apparaissent plus genrées.

Les chercheurs n’ont pas observé d’influence particulière, chez les femmes, du fait d’avoir eu des frères ou des sœurs.

Des effets limités dans le temps ?

L’étude porte sur des statistiques réalisées à des époques différentes, entre les années 1960 et 2000 ; l’effet semble s’être amoindri récemment, témoignant probablement d’une éducation moins sexiste. On découvre en effet, sans surprise, que l’affirmation « la place d’une femme est à la maison » suscite de moins en moins d’adhésion.

L’effet politique, contrairement aux habitudes ménagères, semble lui s’amoindrir avec le temps : forte au lycée (là où ont été mesurés les 15 % de Républicains supplémentaires), l’influence tend progressivement vers zéro.

Étonnement pour les chercheurs

« Nous pourrions nous attendre à ce que les garçons apprennent à soutenir l’égalité de genre à travers leurs interactions avec leur sœurs », s’étonne le chercheur Andrew Healy, co-auteur de l’étude. « Pourtant, les données suggèrent que d’autres forces influent plus puissamment sur les comportements politiques des hommes, par exemple la façon dont la famille assigne les tâches ménagères, telles que la vaisselle, selon les rôles de genre traditionnels. »

L’étude est surtout novatrice dans l’étude des comportements politiques car elle prend en compte l’influence des frères et sœurs, souvent ignorée au profit de celle des parents.

 

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8 commentaires

MEP 25 juillet 2013 - 15:13

Article très intéressant.
Peut-être pourriez-vous modifier le titre de l’article : « Pour un homme, avoir des soeurs est mauvais pour l’égalité » ; car sinon ce titre utilise le neutre-masculin (ayant une soeur, je me suis sentie concernée à la lecture du titre, or étant une fille, je ne le suis pas) 😉

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MEP 26 juillet 2013 - 09:15

Merci !

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Ajuga 26 juillet 2013 - 16:47

En fait si je vous lis bien c’est tout simplement que les parents montrent aux enfants que les tâches ménagères sont pour les filles et pas pour les garçons ? c’est tout simplement du conditionnement social comme d’hab, non ?
Je ne vois pas bien en quoi c’est nouveau comme découverte ?
ou alors il y a un truc supplémentaire que je n’ai pas compris ?

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Lili 28 juillet 2013 - 04:58

Je suis un peu étonnée car ce résultat ne correspond pas trop à mon expérience mais je ne doit pas être dans un cas standard.
Sinon, cela interroge la mixité. Au risque de passer pour une hooooorrible sexiste, je pense qu’il est bon de séparer filles et garçons dans certaines étapes/tâches de l’existence, afin de les sortir de la facilité de la répartition des sexes.
C’est ainsi que je pense qu’il serait bon qu’à l’adolescence, disons en 5e et 4e, les cours de français et de math soient séparés garçons/filles, pratiqués avec une pédagogie veillant à dégenrer les pratiques. Les filles prendraient confiance en math (et seraient encouragées dans les systèmes compétitifs), les garçons sortiraient du « la poésie c’est un truc de filles » (et seraient encouragés dans les systèmes collaboratifs). Pour simplifier.

De même, une amie m’a expliqué de dans sa famille, pour les tâches ménagères, les enfants étaient séparés en « équipe fille » et « équipe garçon », parce que en mixte, la gars attendait que la fille fasse tout. Plus tard, une saine explication et des habitudes prises permettent de faire des équipes mixtes bien vécues. Bien vu !!

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métamine 1 août 2013 - 13:01

Nous étions 3 enfants – 1 frère et 2 sœurs et avons eu la même éducation (nous aimions tous faire la cuisine par exemple). Le garçon s’est orientée vers les lettres (science po) et les filles vers les écoles d’ingénieurs… L’homme cuisine, s’occupe de ses enfants… pendant que sa (pétasse) femme passe son temps au téléphone alors qu’il travaille et elle pond (ou beugle en cours en deux pondages).

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Loazour 5 août 2013 - 13:30

@métamine

« métamine »
L’homme cuisine, s’occupe de ses enfants… pendant que sa (pétasse) femme passe son temps au téléphone alors qu’il travaille et elle pond (ou beugle en cours en deux pondages).

Je trouve votre commentaire déplacé. Vous avez tout à fait le droit de ne pas apprécier votre belle-soeur et de juger son comportement, mais en la qualifiant de « pétasse » et de pondeuse, vous témoignez d’un sentiment qui dépasse la situation particulière et individuelle pour devenir franchement misogyne.

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Lili 6 août 2013 - 13:49

« Loazour »
@métamine

« métamine »
L’homme cuisine, s’occupe de ses enfants… pendant que sa (pétasse) femme passe son temps au téléphone alors qu’il travaille et elle pond (ou beugle en cours en deux pondages).

Je trouve votre commentaire déplacé. Vous avez tout à fait le droit de ne pas apprécier votre belle-soeur et de juger son comportement, mais en la qualifiant de « pétasse » et de pondeuse, vous témoignez d’un sentiment qui dépasse la situation particulière et individuelle pour devenir franchement misogyne.

D’accord. Les commentaires insultants sont à signaler, et celui-ci l’est. De plus quelque chose me dit que si un homme ne fiche rien pendant que sa femme se coltine tout le boulot, vous le ne traitez pas de goujat (pour être polie)…

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Lili 6 août 2013 - 13:51

« Ajuga »
En fait si je vous lis bien c’est tout simplement que les parents montrent aux enfants que les tâches ménagères sont pour les filles et pas pour les garçons ? c’est tout simplement du conditionnement social comme d’hab, non ?
Je ne vois pas bien en quoi c’est nouveau comme découverte ?
ou alors il y a un truc supplémentaire que je n’ai pas compris ?

Le truc supplémentaire, c’est que quand les parents n’ont pas de filles et que des garçons, ces garçons deviennent des hommes capables de partager les tâches ménagères sans que leur virilité en souffre. Dès qu’il y a une fille, les parents trouvent « normal » de séparer les tâches. Preuve qu’il n’y a rien de naturel par là et qu’il y a un phénomène d’opportunisme terrible : fille = bon moyen d’éviter le ménage aux garçons.

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