Accueil International Droit à l’avortement : après l’Irlande, l’Irlande du Nord ?

Droit à l’avortement : après l’Irlande, l’Irlande du Nord ?

par La rédaction

Après le référendum qui ouvre la voie au droit à l’avortement en Irlande, les regards se tournent vers l’Irlande du Nord. Et Theresa May se retrouve sur la défensive.


« Deux millions et demi d’Irlandaises ont gagné le droit de choisir. Ne laissez pas un million de femmes en Irlande du Nord sur la touche ». La joie des féministes à l’annonce des résultats du référendum sur l’avortement en Irlande s’est rapidement accompagnée d’une nouvelle revendication.

En Irlande, vendredi 25 mai, les deux tiers des votant·e·s ont dit « Oui » à l’abrogation du 8ème amendement. Le Parlement doit dès lors voter avant la fin de l’année une loi légalisant l’avortement. Une victoire éclatante pour les femmes qui se battaient depuis des années pour ce droit. Mais le combat n’est pas tout à fait terminé. « Maintenant, c’est au tour du nord », lançaient les féministes dès l’annonce des résultats éclatants du référendum.

Si l’Irlande du Nord fait partie du Royaume-Uni, elle possède sa propre législation sur l’avortement. Contrairement à l’Angleterre, l’Écosse et et le Pays de Galles, où il est légal en toutes circonstances, les femmes de la région sont toujours confrontées à une des lois les plus restrictives au monde en matière d’accès à l’IVG. L’avortement n’est autorisé qu’en cas de danger grave pour la mère.

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Le résultat éclatant du référendum dans la république voisine pourrait-il changer la donne ? Politiquement, c’est compliqué. Les règles veulent que ce soit à l’assemblée législative et au gouvernement local d’Irlande du Nord d’adopter une nouvelle loi sur ce sujet. Problème : depuis plus d’un an, la province se trouve sans exécutif et l’assemblée ne siège plus. Et les principaux partis, de toute façon, restent frileux.

En 2016 l’assemblée a rejeté une libéralisation de l’avortement, malgré un avis de la Haute Cour de justice d’Irlande du Nord, jugeant que « l’interdiction généralisée d’avorter en cas de malformation du fœtus ou de grossesses résultant de crimes sexuels » représente une violation des droits des femmes.

Voir : Irlande du Nord : la loi anti-avortement incompatible avec les Droits humains

Alors, si Londres s’en mêlait ? C’est ce que réclament désormais des associations et des parlementaires. La députée travailliste Stella Creasy, soutenue par 160 député·e·s, entend profiter du prochain examen d’une proposition de loi contre les violences faites aux femmes pour faire passer un amendement visant à légaliser l’avortement en Irlande du Nord. Une autre option serait l’organisation d’un référendum dans la région, sur le modèle de celui qui s’est tenu dans la république voisine.

Ce qui n’est pas du goût de la Première ministre conservatrice. Theresa May, s’est déjà prononcée contre toute ingérence de Londres sur le sujet. Il faut dire qu’elle doit sa majorité à une alliance avec le DUP, parti unioniste nord-irlandais farouchement anti-avortement.

Mais des voix discordantes s’élèvent dans son propre camp. Dès l’annonce des premiers résultats du référendum, sa Secrétaire d’Etat aux femmes et à l’égalité, Penny Mordaunt, a salué sur Twitter « un jour historique pour l’Irlande, et porteur d’espérance pour l’Irlande du Nord ». En ajoutant qu’il « faut répondre à cet espoir ».

Et plusieurs député·e·s du parti conservateur se sont déjà démarqués de Theresa May. « Je voterai pour l’égalité des droits à l’avortement pour les femmes en Irlande du Nord », a par exemple fait savoir la présidente de la commission des Affaires sociales, Sarah Wollaston. Le bras de fer politique ne fait sans doute que commencer.

 

 

 

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