Accueil Politique Avortement, contraception : le Conseil de l’Europe met en garde contre les tendances rétrogrades

Avortement, contraception : le Conseil de l’Europe met en garde contre les tendances rétrogrades

par La rédaction

Dans plusieurs pays européens, les droits sexuels et reproductifs des femmes sont « bafoués », voire « restreints », dénonce le dernier rapport du Conseil de l’Europe.


 

« La santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes sont des droits humains. Malheureusement toutefois, les femmes en Europe continuent de voir ces droits bafoués ou restreints en raison de lois, politiques et pratiques qui reflètent en définitive la persistance de stéréotypes et d’inégalités de genre. » Le Commissaire aux Droits humains du Conseil de l’Europe, Nils Muižnieks, résume ainsi le rapport sur les droits sexuels et reproductifs des femmes en Europe, publié mardi 5 novembre par l’institution

Le document de 84 pages déplore que plusieurs pays européens conservent « des lois et des politiques sur l’avortement et la contraception fondées sur le présupposé selon lequel la maternité serait, ou devrait être, le principal rôle social dévolu aux femmes ». Conséquence : « Il est courant que l’avortement légal et la contraception ne soient pas remboursés ou pris en charge par les régimes publics d’assurance-maladie ». La Slovaquie interdit même explicitement tout remboursement des contraceptifs par la sécurité sociale.

Outre la persistance des restrictions, le rapport met en garde : « Des menaces mettant en péril les engagements de longue date en faveur de l’égalité des sexes et des droits des femmes sont réapparues ces dernières années » sur le continent européen.

On a en tête les tentatives de retour en arrière sur le droit à l’avortement en Espagne ou en Pologne, que la mobilisation a permis de contrer, en Espagne puis  en Pologne. Mais d’autres pays ont adopté des mesures rendant plus complexe l’accès légal à une interruption de grossesse. En jouant notamment sur « les délais d’attente obligatoires et les conseils non objectifs avant un avortement ». C’est le cas, liste le rapport, de l’Arménie, l’ex-République yougoslave de Macédoine, la Géorgie, la Fédération de Russie et la Slovaquie

Des reculs peuvent aussi avoir lieu en matière d’accès à la contraception. La Pologne toujours, vient d’obliger toutes les femmes à présenter une prescription médicale pour obtenir une contraception d’urgence,

Sur les 40 pays membres du Conseil de l’Europe, l’institution pointe du doigt huit d’entre eux, qui « appliquent toujours des lois très restrictives sur l’avortement », interdit « sauf dans des circonstances extrêmement limitées » : il s’agit de l’Andorre et Malte (où il est interdit en toutes circonstances), la République d’Irlande, l’Irlande du Nord, le Liechtenstein, Monaco, la Pologne et Saint-Marin.

Le rapport rappelle aux États les normes européennes et internationales qui s’appliquent à la santé et aux droits sexuels et reproductifs des femmes. Il les invite à « se prémunir contre les mesures rétrogrades qui compromettent la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes ». Et insiste sur la nécessité d’assurer une éducation sexuelle complète, une contraception moderne, l’accès à un avortement légal et sûr et à des soins de santé maternelle de qualité.

 

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09 Aziza 7 décembre 2017 - 18:04

Les soins de santé maternelle devraient être une priorité: trop de femmes meurent encore en accouchant dans le monde! le droit à l’avortement, c’est bien; mais les avortements forcés parce que le foetus est féminin, c’est encore une réalité en Inde ou ailleurs. les femmes doivent avoir la maîtrise totale de leur fécondité.

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