Accueil International Avortement : et si l’Écosse accueillait les Nord-Irlandaises ?

Avortement : et si l’Écosse accueillait les Nord-Irlandaises ?

par La rédaction
Le Parlement écossais, par clry2 sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

Le Parlement écossais, par clry2 sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

En Irlande du Nord, les femmes ne peuvent avorter qu’en cas de danger pour leur vie. Le gouvernement écossais va étudier la possibilité de leur permettre « d’accèder à un avortement sûr et légal »… et remboursé.


 

L’Écosse, terre d’accueil pour les Nord-Irlandaises souhaitant avorter ? C’est un avenir possible. La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon l’a assuré jeudi 17 novembre devant le Parlement : elle va « étudier avec le NHS », le service public de santé, « ce qu’il en est de la situation actuelle pour les femmes d’Irlande du Nord qui souhaitent accéder à un avortement sûr et légal avec le NHS d’Écosse et s’il y a lieu d’apporter des améliorations ».

La Première ministre répondait à l’interpellation d’un député des Verts. Patrick Harvie l’interrogeait sur la situation de ces « nombreuses » Nord-Irlandaises (plusieurs centaines par an) qui « n’ont pas d’autres choix que de se rendre en Grande-Bretagne » pour avorter. Avec des contraintes de temps, de stress et « des barrières financières souvent significatives », car pour elles, en plus du voyage, l’acte n’est pas remboursé. L’enjeu est ici l’accès à une IVG remboursée par le NHS.

Contrairement aux autres territoires britanniques – l’Écosse, le pays de Galles et l’Angleterre – le droit à l’avortement est sévèrement limité en Irlande du Nord. Comme il l’est dans la République d’Irlande voisine. L’IVG est autorisée seulement lorsque la vie de la mère est en danger. Même en cas de viol, d’inceste, de grave malformation du fœtus, les avortements sont interdits.

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L’initiative écossaise a été saluée par nombre d’associations de défense des droits des femmes. Amnesty International note que, « bien que cette avancée serait utile et bienvenue, elle ne doit pas servir de prétexte au gouvernement nord-irlandais pour ne pas mettre de l’ordre chez lui en réformant sa loi scandaleuse sur l’avortement ».

Du côté des politiques nord-irlandais, et des groupes religieux anti-avortement, on crie à l’ingérence de la part de l’Écosse. La loi nord-irlandaise a peu de chances d’évoluer au vu de la composition actuelle du Parlement. Et ce, bien qu’en décembre 2015 la Haute Cour de justice ait estimé que la loi sur l’avortement violait les droits des femmes, « par l’interdiction généralisée d’avortement en cas de malformation du fœtus ou de grossesses résultant de crimes sexuels ».

 

 

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