Accueil International Avortement en Pologne : la loi de dieu ou celle des hommes ?

Avortement en Pologne : la loi de dieu ou celle des hommes ?

par Arnaud Bihel

Jusqu’où peut aller la clause de conscience ? Nouveau bras de fer en Pologne sur le droit à l’IVG.


La loi de dieu ou celle des hommes ? La question vient à nouveau secouer le débat sur le droit à l’avortement en Pologne. Des mouvements féministes viennent de lancer une pétition en ligne en soutien aux Polonaises dans leur lutte pour garantir l’accès aux services médicaux garantis par la loi pour leur santé reproductive.

Cette pétition vient en réponse à une nouvelle offensive anti-avortement dans le pays. Une « déclaration de foi », lancée en mai, a recueilli 3000 signatures de médecins et étudiants en médecine. Ils y « reconnaissent la primauté de la loi de Dieu sur celle des hommes », justifiant ainsi leur opposition à la contraception ou l’IVG et le recours à la clause de conscience.

Premier ministre contre autorités religieuses

Le recours à l’IVG est possible en Pologne uniquement en cas de malformation du fœtus, de menace sur la santé de la mère ou de viol/inceste. Mais même dans ces cas il n’est pas toujours possible d’avorter. Car « les médecins en Pologne utilisent déjà la clause de conscience à grande échelle », souligne la pétition. Un cas vient tout récemment d’illustrer ces abus, provoquant le débat dans le pays.

Une femme a été forcée d’accoucher d’un enfant mort-né après qu’un médecin a joué la montre pour dépasser le délai légal, afin d’empêcher une IVG médicale. Le médecin, Bogdan Chazan, une figure des anti-avortement, n’a pas orienté la patiente vers un autre centre, enfreignant en cela la loi. Le ministère de la Santé a ouvert une enquête, et le Premier ministre Donald Tusk a pris position jeudi 12 juin en appelant les médecins à respecter la loi, « quoi que leur dicte leur conscience ». Tandis que la conférence des évêques de Pologne a publiquement affiché son soutien aux médecins frondeurs.

Discours moralisateurs

Au-delà du cas de la clause de conscience, la pétition pro-IVG évoque également les pressions législatives pour limiter encore davantage la possibilité d’avorter. En 2012, un projet de loi visant à interdire l’IVG en cas de malformation du fœtus n’a été rejeté que d’une voix au parlement.

Les pressions sont également morales : la pétition évoque le cas d’une fillette de 11 ans enceinte après avoir été violée par ses deux cousins. En accord avec ses parents elle a choisi d’avorter mais « des éditorialistes conservateurs se sont mis à adresser à la jeune fille des discours moralisateurs, en lui demandant de ‘ne pas assassiner un bébé à naître’ ». La Cour européenne des droits de l’homme a déjà condamné la Pologne, en 2012, pour les entraves et le harcèlement subis par une jeune fille de 14 ans qui désirait avorter après un viol.

 

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1 commenter

09 Aziza 16 juin 2014 - 16:10

le problème est qu’il n’existe aucune condamnation de l’avortement ni dans l’Ancien, ni dans le Nouveau testament, qui ni l’un ni l’autre ne se préoccupent de cette question. Dans la Bible, il est question d’accorder une sorte de « dommages et intérêts » à un homme dont on blesse (involontairement?) l’épouse enceinte. Sinon, il s’agit uniquement d’une interprétation abusive du  » Tu ne tueras point ».
Qui peut être remise en question. car si un embryon est , ou non un être vivant, n’est pas une question de foi, mais de science, et en quoi des religieux sont ils compétents ?
Cette « loi de Dieu » est une fumisterie de conservateurs. Une fois cela dit, que l est l’état de l’utilisation de la contraception en Pologne ? Bon sujet….

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