Accueil International Avortement : l’encombrant allié nord-irlandais de Theresa May

Avortement : l’encombrant allié nord-irlandais de Theresa May

par La rédaction

Arlene Foster en 2013. Par Northern Ireland Office [CC BY 2.0], via Wikimedia Commons

La Première ministre britannique cherche à s’allier avec le parti unioniste nord-irlandais. Mais le soutien sans faille de ce dernier à la législation anti-avortement concentre les critiques.


 

Le parti conservateur peut-il s’allier avec un parti opposé aux droits des personnes LGBT, et farouchement anti-avortement ? La question provoque le débat au Royaume-Uni, alors que la Première ministre Theresa May, fragilisée après avoir perdu la majorité absolue au parlement, s’entretient ce mardi 13 juin avec Arlene Foster, la dirigeante du DUP, parti unioniste d’Irlande du Nord. Objectif : conclure un accord pour obtenir une majorité de gouvernement.

Les critiques se concentrent sur le fait que le DUP, parti majoritaire en Irlande du Nord, défend la législation extrêmement punitive à l’égard de l’IVG en vigueur depuis 1861 dans cette région du Royaume-Uni. Comme dans la République d’Irlande voisine, l’avortement y est interdit sauf si la vie de la mère est en danger. Et y avoir recours est passible de la prison à vie.

Pour les défenseur.e.s du droit à l’IVG, la principale crainte est que le DUP cherche à limiter la possibilité pour les Nord-Irlandaises d’avorter en Angleterre. Des responsables des partis concernés ont déjà assuré que les questions sociales – et donc l’avortement – n’entreraient pas dans le cadre d’un éventuel accord. Mais l’ONG Amnesty international estime que Theresa May ne peut justement pas laisser cette question à l’écart des discussions avec le DUP, et doit s’engager à réformer la loi nord-irlandaise. « Le gouvernement britannique a la responsabilité de fournir aux femmes d’Irlande du Nord le droit à l’avortement. Ne pas le faire serait une cruelle trahison des femmes ».

Ce même 13 juin, le ministère britannique de la Santé publiait de nouvelles données sur les femmes qui ont fait le voyage de l’île irlandaise vers l’Angleterre pour avoir recours à une IVG : elles étaient moins de 700 nord-irlandaises dans ce cas en 2016. Un nombre en baisse, mais « qui ne prend pas en compte les milliers de femmes ayant recours à des médicaments abortifs par internet » (le recours à des pilules abortives est également passible de la prison à vie), ni celles qui n’ont pas les moyens de faire le voyage, souligne le Abortion Support Network, réseau qui vient en aide à ces femmes.

Fin 2015, la Haute Cour de justice d’Irlande du Nord estimait que les droits des femmes sont « violés par l’interdiction généralisée d’avorter en cas de malformation du fœtus ou de grossesses résultant de crimes sexuels ». Le DUP s’était empressé de rejeter toute révision de la législation.

 

 

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