Dans Back Home de Joachim Trier, un père et ses deux fils sont réunis autour du souvenir d’une absente, épouse et mère disparue brutalement. Un trio magnifique.
Voici un film qui commence par une naissance pour évoquer ensuite la mort. La mort, encore ? Effectivement, le thème de Back Home de Joachim Trier est le deuil, mais en tant que point commun de la vie de trois hommes. Le père, ex comédien de téléfilms, a abandonné son métier pour devenir enseignant et mieux s’occuper de ses fils. L’aîné, parti vivre en couple, vient d’avoir un bébé. Le cadet de 15 ans, de plus en plus taiseux, est réfugié dans ses jeux vidéo.
A l’occasion d’une rétrospective sur leur mère, photographe de guerre décédée trois ans auparavant, l’aîné revient à la maison, pour se plonger dans les archives de ses images particulièrement magnifiques, « empruntées » pour le film à de grands photographes, dont la française Alexandra Boulat.
Le séjour du frère aîné va durer plus longtemps que prévu : le trio reconstitué crée une alchimie nouvelle, un puzzle se reconstruit à partir des souvenirs, évidemment différents, des trois hommes, puzzle qui dessine une femme à trois visages.
Back home, qui devait sortir sous le titre Louder than bombs, titre vite changé après les attentats du 13 novembre, est également habité par les rêves qui se mélangent aux souvenirs et à la vie virtuelle du plus jeune garçon. Véritable révélation du film, il en est aussi le cœur : il lui faudra comprendre le secret de la mort de sa mère pour affronter le monde et nous donner espoir.
Back Home de Joachim Trier (Norvège/France/Danemark, 1h49) avec Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg, Devin Druid , Isabelle Huppert, distribué par Memento, en salles le 9 décembre.
