Accueil Eco & SocialEnvironnement La Banque Mondiale appelle aussi à « baisser la température »

La Banque Mondiale appelle aussi à « baisser la température »

par Arnaud Bihel

TurnDownHeat

Alarmiste sur le réchauffement climatique, la Banque Mondiale préconise de revoir les subventions aux énergies polluantes. Elle-même a récemment évolué : en 2010 encore, elle investissait une somme record dans les énergies fossiles.


 

 

Nouvelle publication alarmiste sur le réchauffement, à l’approche de la nouvelle conférence annuelle de l’ONU sur le climat. Il y a quelques jours, l’Agence Internationale de l’Énergie avertissait : pour limiter l’impact du réchauffement climatique, les deux tiers des réserves mondiales de combustibles fossiles doivent rester en sous-sol.
Aujourd’hui c’est la Banque Mondiale qui sonne l’alarme : « à défaut de mesures concrètes de lutte contre le changement climatique, la communauté internationale pourrait bien subir les conséquences catastrophiques d’une hausse de 4 degrés de la température moyenne d’ici la fin du siècle, y compris des vagues de chaleur extrême, une baisse des stocks mondiaux de denrées alimentaires, et une élévation du niveau des mers qui pourrait toucher des centaines de millions de personnes. »

La Banque Mondiale s’appuie sur un rapport scientifique, élaboré par le Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK) et par Climate Analytics. Publié lundi 19 novembre, ce document intitulé « Turn down the heat » (« Baisser la température ») fait part d’un verdict « sans appel » : « les activités humaines sont responsables du réchauffement de la planète, et ce réchauffement se traduit déjà par des changements observables. La température moyenne globale ne cesse d’augmenter ; elle dépasse actuellement d’environ 0,8 °C les niveaux préindustriels. » Et selon le document, « les engagements actuels de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ne permettront guère d’atténuer cette hausse de la température moyenne. »

> Voir le rapport en intégralité (en anglais), et son résumé en français

Parmi les « initiatives envisageables » pour freiner le réchauffement, la Banque Mondiale met en avant « l’utilisation à meilleur escient de la somme de plus de 1 000 milliards de dollars actuellement consacrée aux subventions pour l’exploitation des combustibles fossiles et autres subventions aux effets pervers sur l’environnement ».
Le 16 octobre, la Banque Mondiale se félicitait d’ailleurs de ses nouveaux engagements en faveur des énergies renouvelables : 44% de ses 8,2 milliards de prêts étaient consacrés, en 2012, aux énergies renouvelables. C’est deux fois plus qu’en 2010.

Mais cette approche est toute nouvelle pour l’institution. Car en 2010, elle était encore la cible de critiques pour son soutien aux énergies polluantes. Cette année-là, « la Banque mondiale a investi 6,6 milliards de dollars dans les énergies fossiles, soit une augmentation record de 116 % par rapport à l’année précédente », relevait Anne Sophie Simpère, des Amis de la Terre.
Cela a conduit la Banque Mondiale à œuvrer à une nouvelle « stratégie énergétique », validée en juin dernier : elle s’engage désormais à « développer ses efforts pour (…) accroître le soutien aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique dans les pays en développement ».

 

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