La BCE « à Ryad ou au Vatican » ?

par La rédaction

Sylvie_Goulard

L’eurodéputée Sylvie Goulard, dans une lettre ouverte sans concession, rappelle au président de l’Eurogroupe la nécessité de nommer une femme au directoire de la Banque Centrale européenne.


 

C’est elle qui, voilà un mois, a initié la fronde contre l’absence de femme à la direction de la Banque Centrale Européenne (BCE). Dans une lettre ouverte (à lire ici) l’Eurodéputée Sylvie Goulard relance le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Elle lui demande de ne pas « persister » dans le choix de nommer un homme.

Actuellement, les cinq membres du directoire de la BCE sont des hommes. Ses dix-sept gouverneurs aussi. Sur les vingt-trois responsables de l’institution, il n’y a donc aucune femme, rappelle Sylvie Goulard, membre du groupe des Libéraux et démocrates au parlement européen.
Un sixième poste au directoire est à pourvoir. Les ministres des finances européens avaient proposé à cette place Yves Mersch, gouverneur de la banque centrale du Luxembourg. Au nom de l’équilibre des sexes, la Commission économique et monétaire du Parlement européen a refusé, début septembre, de procéder à l’audition de ce candidat.

Mais cela ne signifie pas que sa nomination tombe à l’eau. L’avis du parlement n’est que consultatif et c’est aux ministres des Finances de la zone Euro qu’il reviendra de confirmer ce sixième membre du directoire de la BCE. C’est pourquoi l’eurodéputée exprime à nouveau ses craintes : « L’option ‘Circulez, y a rien à voir’ est parfaitement envisageable », juge Sylvie Goulard. Autre option, plus probable : « que les ministres tentent de s’en tirer honorablement en donnant au Parlement européen un ‘lot de consolation’ : la promesse ‘on fera mieux la prochaine fois’, ou un poste pour une femme dans une institution…subalterne. »

Et l’eurodéputée ne mâche pas ses mots. En rappelant ce « principe fondamental de l’Union européenne : l’égalité hommes / femmes », elle enchaîne : « Egalité… quand on en est à se battre pour une femme sur 23, ou même une femme sur 6, le mot est presque grotesque, vous avouerez ». Si Yves Mersch est confirmé, le directoire de la BCE sera – sauf démission ou décès – masculin jusqu’en 2018, rappelle Sylvie Goulard. Et d’ironiser : « Au nom de quoi pourrions-nous plaider pour le respect des droits des femmes dans les pays tiers, si nous violons nos propres principes ? Avec un peu de provocation, on pourrait songer à transférer le siège de la BCE à Ryad ou au Vatican pour cette période ».

 

Lire aussi :

Les eurodéputés refusent une BCE entre hommes

BCE, effet boomerang pour Rachida Dati

 

 

Photo : Sylvie Goulard lors de la Convention européenne du MoDem, le 8 février 2009. Par Legermi

Partager cet article

1 commenter

Vera Kaladgew 9 octobre 2012 - 07:57

Dans ces 2 lieux, il n’y a pas de place pour les femmes…..alors que faut il esperer?

Répondre

Laisser un commentaire