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BCE unisexe : dernières passes d’armes

par La rédaction

SharonBowles

Le bras de fer autour de la composition exclusivement masculine de la direction de la BCE a repris au Parlement européen. Mardi, le président du Conseil a tenté d’apaiser les eurodéputés.


 

Le président du Conseil européen, qui regroupe les dirigeants des États membres de l’Union, s’exprimait mardi 23 octobre devant les eurodéputés réunis à Strasbourg. Herman Van Rompuy a d’emblée abordé la question qui fâche : la nomination programmée du Luxembourgeois Yves Mersch au directoire de la BCE, qui implique que les 23 principaux dirigeants de la Banque centrale européenne sont tous des hommes, et ce jusqu’en 2018. Une situation qui n’en finit pas de faire polémique.

> Lire : BCE masculine : la polémique ne s’éteint pas

La veille, la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement avait adopté un avis négatif à la nomination d’Yves Mersch (lire ici). «  Nous nous opposons à ce que l’institution européenne la plus puissante soit dirigée uniquement par des hommes pendant les six prochaines années », insistait après ce vote la présidente de la commission, la britannique Sharon Bowles. Pour Herman Van Rompuy, la commission a exprimé « de manière compréhensible » ses préoccupations face à l’absence de femme à la direction de la BCE. Mais il « constate qu’elle reconnaît que les compétences professionnelles du candidat ne peuvent être remises en cause ».

La carte de l’urgence

La prochaine étape est le vote des députés européens en plénière, jeudi 25 octobre. Le président du Conseil les appelle dès lors à se prononcer sur la nomination d’Yves Mersch « sur la base seule de sa qualification et de son expérience professionnelle ». Pour Herman Van Rompuy « il est urgent, en effet, que ce poste ne soit plus vacant ». Même si le vote en plénière est négatif, les États membres pourront toujours passer outre et confirmer la nomination d’Yves Mersch. Mais cela ferait mauvais effet.

Le président du Conseil européen a donc cherché à donner des gages de féminisation pour l’avenir. Il assure avoir lancé, lors du Conseil de la semaine dernière, « un appel ferme aux chefs d’États et de gouvernements pour qu’ils identifient et proposent des femmes candidates aux postes vacants au niveau européen, notamment dans les secteurs économiques et financiers, où la sous-représentation des femmes est flagrante. »

A l’issue du vote négatif de la commission des affaires économiques, Sharon Bowles soulignait qu’Herman Van Rompuy aurait l’occasion, ce mardi, de « montrer que les États membres sont prêts à s’engager sérieusement en vue d’encourager les femmes à des postes clés ». Ce discours aura-t-il suffi à apaiser la fronde des députés ? Réponse jeudi. L’eurodéputée britannique, elle, n’a pas été convaincue : « Il ne suffit pas de belles paroles et de belles promesses », a-t-elle répondu au président du Conseil européen.

 

Pour aller plus loin :

Le rapport de Sharon Bowles sur la candidature d’Yves Mersch

 

 

Photo : Sharon Bowles le 23 octobre 2012 au Parlement européen

 

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