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Beach-volleyeuses et faux-culs

par La rédaction

Des notes d’hypocrisie dans les articles censés dénoncer le sexisme du traitement visuel du beach-volley.


On ne compte plus les articles de presse consacrés au beach-volley, et tout particulièrement au beach-volley féminin. Le dernier catalyseur en date a été un article du journal Metro US, consacré aux photos utilisées pour illustrer la compétition olympique de ce sport : le plus souvent, les photos de beach-volleyeuses seraient cadrées sur leurs fesses qu’un bas de bikini léger redessine. L’article joue alors à montrer des photos d’autres sportifs, mâles, recadrées sur le torse ou l’entrejambe. Effet garanti. La presse française s’en est fait l’écho ; l’occasion de dénoncer, à juste titre, ce sexisme du regard, et la surreprésentation masculine dans le journalisme de sport.

Mais c’est aussi une façon pour les sites d’information d’attirer le chaland. Si Rue89 pose des questions de fond, le titre de l’article est un appel aux voyeurs : « Bikini rikiki – Le beach-volley, ce sport olympique où les filles jouent avec leurs fesses ».

Rue89 note que, même si les beach-volleyeuses n’ont plus l’obligation de jouer en bikini (elles peuvent même se couvrir si la température descend sous les 16°C), « depuis le début des JO, aucune joueuse de volley ne s’est présentée couverte en match. » Archi-faux : Américaines, Canadiennes, Australiennes… plusieurs équipes, notamment lors de matchs nocturnes frisquets, ont joué en combinaison à Londres.

Et les photographes sont loin d’être les seuls responsables de ce traitement sexiste. Le journaliste de Metro US par qui le buzz est arrivé explique que c’est la base d’images de Getty Images qui lui a fait prendre conscience de ce sexisme photographique. Sauf que les photos de beach-volleyeuses cadrées en gros plan sur les fesses, si elles existent en effet, sont très minoritaires dans cette base de données. Les prescripteurs de fesses, ce sont donc avant tout les responsables des médias qui font le choix des photos à publier.

La responsabilité est finalement collective, comme le note la journaliste Sarah Goodyear citée par le blog Bug Brother du Monde.fr : « Pour elle, ce qui se passe aux JO avec le beach-volley est juste « un écho de ce qui se passe dans les rues du monde entier, où la tenue des femmes ne peut être que sujet à controverses » et une nouvelle démonstration que, la plupart du temps, « le corps des femmes est perçu comme une propriété publique sur laquelle on peut faire des commentaires ». »

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Plus de bikini obligatoire pour les beach volleyeuses

 

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