La part de sénatrices dépassera-t-elle le seuil des 30% après le renouvellement du 28 septembre ? En théorie, c’est possible. En pratique, un peu moins. Explications et exercices mathématiques.
Aujourd’hui, elles sont 80 sénatrices à siéger au Palais du Luxembourg, soit 23% des élus de la haute Assemblée. Le dernier renouvellement du Sénat, en 2011, avait marqué un coup d’arrêt à la féminisation consécutive à la loi sur la parité de 2001. Mais la féminisation repartira à la hausse à l’issue des votes des grand électeurs le 28 septembre, c’est une certitude. Plus de 30% de sénatrices, c’est même possible.
La raison de ce bond en avant attendu est double : d’une part, le nombre de départements qui élisent les sénateurs à la représentation proportionnelle, donc sur des listes paritaires, a augmenté suite à la réforme votée en 2013. D’autre part, les sièges qui sont soumis à renouvellement à la fin du mois (le Sénat est renouvelé par moitié tous les 3 ans) sont très masculins : en 2008, seules 18 femmes avaient été élues pour 114 sièges, soit 16%.
Un peu plus de candidates qu’en 2011
Les sénatoriales se jouent selon deux modes de scrutin, en fonction de la taille des départements. Dans les 34 départements où les sénateurs sont élus au scrutin majoritaire, 66 femmes se présentent : un peu moins de 22% des candidats. C’est un peu mieux qu’en 2011, où on comptait pour les sièges concernés par ce scrutin 18,5% de candidates – et au final 17,2% d’élues.
Dans les 29 départements où c’est le scrutin à la proportionnelle qui a cours, les listes étant composées en alternance d’hommes et de femmes, la proportion d’élues est plus haute, sans toutefois atteindre la parité (35% d’élues dans ce cadre en 2011) en raison d’un nombre largement plus important de têtes de listes masculines. Ainsi, dans les départements où est appliquée la proportionnelle, elles sont cette année 52 à être tête de liste (dont 14 rien que pour EELV), soit 21,4%. C’est certes mieux qu’en 2011, où elles n’étaient que 16%.
178 sièges à pourvoir, plus de 50 pour des femmes ?
Cette année, 178 sièges sont à pourvoir au Sénat : 59 au scrutin majoritaire, 119 à la proportionnelle. Un rapport comparable à la situation de 2011.Si on reporte sur l’élection du 28 septembre les pourcentages d’élues en 2011, ce renouvellement permettrait l’élection de 52 sénatrices, soit 29% des sièges à pourvoir.
Les chiffres de candidatures féminines étant plus élevés qu’en 2011, les mathématiques laissent imaginer que le seuil symbolique des 30% pourra être franchi. A la fois sur ce scrutin et pour l’ensemble du Sénat, puisque les femmes représentent déjà 29% des élus de 2011.
Mais attention, il ne s’agit là que d’une estimation théorique. Et peut-être optimiste. Car même si le pourcentage de candidates est en hausse, on sait que les partis aiment à présenter des femmes là où elles ont peu de chances d’être élues (exemple aux dernières municipales). Également parce qu’en 2011 c’est la gauche, qui a toujours présenté davantage de candidatures féminines que la droite, qui l’avait emporté. Cette année, c’est la droite qui sortira gagnante de l’élection. Enfin parce que des listes « dissidentes », menées par des hommes, sont en lice dans certains départements concernés par la proportionnelle, précisément pour contourner la règle de parité.
Reste cette double certitude : le pourcentage de sénatrices va forcément augmenter de plusieurs points. Et l’UMP ne pourra pas faire pire qu’en 2008 : le parti n’avait alors fait entrer au Palais du Luxembourg que 4 femmes sur 41 élus.
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Et au « plateau » ? Pour succéder à la présidence de Jean-Pierre Bel, qui ne se représente pas, le candidat du PS à la présidence du Sénat est Didier Guillaume. La droite est quasiment assurée de reconquérir la majorité, et à l’UMP trois hommes se sont déjà portés candidats à la présidence : Gérard Larcher, Philippe Marini et Jean-Pierre Raffarin, . Une seule femme est pour l’heure officiellement candidate au « plateau » : l’UDI Nathalie Goulet. Lire aussi : Sénat, présidentielle, perchoir… à la fin c’est une femme qui perd |
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