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Bisphénol A, comme attention

par Arnaud Bihel

Bisphenol_A_h150Une nouvelle étude vient mettre en évidence l’importance de l’exposition au bisphénol A et ses « risques potentiels pour l’enfant à naître ». La loi prévoit déjà l’interdiction de ce composé chimique… en 2015. Attention aussi à ses dérivés, avertit l’Anses.


 

Bisphénol A = danger. C’est ce que confirme l’Anses dans une vaste étude publiée mardi 9 avril. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail « met en évidence des risques potentiels pour la santé et confirme la nécessité de réduire les expositions » au bisphénol A, ou BPA.

« Pourrait favoriser un développement tumoral ultérieur »

Plusieurs études, ces dernières années, ont déjà mis en avant le caractère de « perturbateur endocrinien » de ce composé chimique qui entre dans la composition de plastiques et de résines, et son rôle dans divers problèmes de santé : cancer, diabète, atteinte à la reproduction ou troubles neurocomportementaux.

L’Anses, au bout de 3 ans de travaux, conclut que « certaines situations d’exposition de la femme enceinte au bisphénol A présentent un risque potentiel pour l’enfant à naître ». Une possible « modification de la structure de la glande mammaire chez l’enfant à naître qui pourrait favoriser un développement tumoral ultérieur. »

Risques accrus pour les caissières

Le travail de l’agence a également porté sur les risques d’exposition. Pour constater qu’ils sont nombreux. A 80%, les sources d’exposition sont alimentaires. Il s’agit surtout des produits conditionnés en boîtes de conserve. Mais attention également à l’eau en bonbonne : l’Anses a identifié l’eau distribuée en bonbonnes de polycarbonate « comme une source conséquente d’exposition » au BPA.

Elle met également en évidence les situations d’exposition supplémentaires « liées à la manipulation de papiers thermiques (tickets de caisse, reçus de cartes bancaires, …), en particulier dans un cadre professionnel. » Ce qui la conduit à demander « des mesures en vue de réduire l’exposition des femmes manipulant des papiers thermiques contenant du bisphénol A ou d’autres composés de la famille des bisphénols ». En pensant notamment aux caissières.

En attendant 2015

De fait, le bisphénol A sera bientôt interdit en France. En décembre 2012, le pays devenait le premier au monde à suivre cette voie en adoptant la loi « visant à la suspension de la fabrication, de l’importation, de l’exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A ».

Depuis le début de l’année 2013 est d’ores et déjà interdit « tout conditionnement, contenant ou ustensile comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec des denrées alimentaires pour les nourrissons et enfants en bas âge ».

Mais pour les autres produits, l’interdiction n’interviendra qu’au 1er janvier 2015. Ceux à l’usage des femmes enceintes et allaitantes devant comporter, en attendant, un simple avertissement sanitaire.

La discussion du texte a d’ailleurs donné lieu à des débats acharnés sur la date d’entrée en vigueur de l’interdiction totale. Le texte initial prévoyait la date du 1er janvier 2014 (Voir : Vers l’interdiction totale du bisphénol A ). Mais, afin de laisser aux entreprises le temps de trouver des produits de substitution, il s’est trouvé un consensus politique pour repousser l’échéance à 2015. « Face à l’urgence sanitaire, l’argument économique ne fait pas le poids », lançait lors de la dernière séance la sénatrice Leïla Aïchi (ELLV) qui défendait une interdiction dès 2014, sans succès.

Autres bisphénols : prudence

La loi prévoit également qu’avant le 1er juillet 2014, le Gouvernement remette au Parlement « un rapport évaluant les substituts possibles au bisphénol A pour ses applications industrielles au regard de leur éventuelle toxicité. » Et en ce qui concerne ces substituts possibles, justement, l’Anses lance un autre appel à la prudence. Car d’autres types de bisphénol sont déjà utilisés comme produits de substitution.

Ils sont aussi de potentiels perturbateurs endocriniens, et les données toxicologiques les concernant sont encore « insuffisantes ». Pourtant certains comme le BPS sont utilisés comme solution de substitution dans les tickets de caisse mais aussi des biberons ou de la vaisselle pour enfants. Il n’est « pas possible de conduire une évaluation des risques sanitaires liés à une utilisation de ces composés dans des produits de consommation, ce qui doit inciter à la plus grande prudence en matière de substitution par ces composés », conclut l’agence.

 

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