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Bonnasse ou bonne soeur

par Isabelle Germain

Barbara_pompili

« Pompili, bonnasse malgré elle ? » La réponse est dans la question posée par David Abiker sur sa « toile ». Barbara Pompili, députée EELV, surnommée « Barbie », s’échine à dire que ce surnom n’est pas valorisant et… le quotidien Libération la contrarie en une seule photo. Et un titre hallucinant pour son portrait : « Soeur sourire de EE-LV. »

Elle « est montrée toute en cuisses, dans une robe dont la blancheur virginale accentue l’aspect moulant. On notera le pli noir à droite sur la banquette qui pose le curseur d’un retroussage peu ordinaire et accidentel de la dite robe. » décrit David Abiker. Bref, la photo choisie par la rédaction de Libération inscrit la parlementaire dans le registre de la starlette, pas dans la référence au palais Bourbon.

Mais ce n’est pas tout ! Le titre de l’article, lui, l’envoie au couvent. Mama ou putain, bonne soeur ou bonnasse. Les -rares !- femmes que les médias veulent bien donner à voir doivent entrer dans des limites clairement définies par ces médias et ceux qui les dirigent…. Des hommes en général, toujours prompts à dire aux femmes ce qu’elles doivent penser, comment elles doivent se comporter.« Tout semble dans cette image suggérer que la jeune femme est bien plus bonasse que politique. Pourtant, il y a dans ce bistrot une table et la photo aurait pu la cadrer au dessus et derrière » remarque David Abiker. Quand ça veut pas…

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13 commentaires

hic 27 septembre 2012 - 13:06

Ah oui! J’ai vu cette photo qui m’a assez énervée! Et puis le titre!
Peut-être qu’ils ne se mettent bientôt à couper les têtes aussi sur les photos des femmes politiques!

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Maryse 28 septembre 2012 - 09:40

le pire est que certaines personnes ne comprennent pas que c’est Libération qui a un problème. Beaucoup pensent que la députée veut avoir ce look call girl

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hic 28 septembre 2012 - 11:01

Et ce chere alain Korkos dont on avait entendu parler pour faire la leçon aux nouvelles news(même si son argument n’était pas idiot) en profite pour y remettre une couche. Et ça s’appelle de la « critique des médias »!
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=14516

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MichelD 30 septembre 2012 - 19:24

Eh oui, c’est une femme. Elle en a tous les attributs, pourquoi devrait-elle les cacher ?

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rivi 30 septembre 2012 - 20:47

C’est elle qui a choisi de s’habiller ainsi. Les journalistes n’ont pas à tenter de rattraper les fautes de goût des politiques.

De la même manière, les politiques reprochent parfois aux journalistes de montrer le luxe qu’ils affichent (les Rolex ou les bijoux de Dati). Mais ces bijoux représentent la réalité, tout comme la jupe de Pompili.

Par ailleurs elle prend clairement la pose, elle regarde l’objectif.

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rivi 30 septembre 2012 - 20:50

« Maryse »
le pire est que certaines personnes ne comprennent pas que c’est Libération qui a un problème. Beaucoup pensent que la députée veut avoir ce look call girl

C’est pas Libération qui compose la garde robe des femmes politiques. Ce n’est pas Libération qui lui a demandé de s’habiller ainsi. Et à supposer que le photographe lui ait demandé de s’asseoir là, un politique n’est pas un enfant, il est sensé maitriser sa com’.

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Seb. 1 octobre 2012 - 18:18

La démarche n’est pas la même si le journaliste a pris une ancienne photo où si la photo a été prise à l’occasion de l’interview. Si elle est ancienne, effectivement la démarche du journaliste est d’un goût douteux. En revanche, si la photo a été prise lors de l’interview c’est différent.

Un parlementaire qui se présente à une interview se trouve dans le cadre ses fonctions, est tenu d’avoir une tenue neutre ou du moins adaptée à son discours.

Si cela ne me choque pas qu’un coiffeur exerce avec un petit pantalon moulant et la chemise ouverte, ou une coiffeuse en minijupe ; pour autant je trouverai cela déplacé pour d’autres profession telles que notaire, banquier, avocat.., ou les elus.

Les professions qui dans leurs fonctions doivent délivrer des informations importantes, a fortiori lorsque leur discours porte sur la chose publique et qu’ils ont des rsponsabilités liées à celle-ci, ont quand même la responsabilité, morale, déonthologique, philosophique de faire en sorte que leur attitude porte l’attention davantage sur leur discours que sur leur personne. C’est de mon point de vue un signe d’intégrité.

Si l’élue en question s’est présentée à une interview dans cette tenue, elle ne peut que s’en prendre à elle-même si la teneur de l’interview et de son illustration lui déplait.

Cela dit, la responsabilité du journaliste n’est pas nulle. Il y avait effectivement probablement des choses plus intéressante à mettre en avant. Je ne connais pas le contenu de l’article, et pas très bien l’élue dont-il est question.

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rivi 1 octobre 2012 - 19:25 Répondre
Maryse 2 octobre 2012 - 08:32

« rivi »
La photo a été prise le jour de l’interview:

http://www.liberation.fr/politiques/2012/09/26/barbara-pompili-soeur-sourire-de-ee-lv_849074

Et les commentaires sur Libé sont… comment dire ?

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hic 2 octobre 2012 - 09:30

@seb
On voit que d’une vous n’avez jamais porté de robes/jupes, qui peuvent avoir une longueur normale lorsque l’on est debout, et peuvent se rétrécir de manière gênante lorsque l’on est assises. Et ça arrive souvent d’avoir la surprise une fois que l’on est au travail parce que l’on aura pas nécéssairement « testé » la robe. Par ailleurs, allez donc voir des photos d’hommes politiques; leur visage est pris en photo, et non leur corps en entier, généralement. Enfin, avec des raisonnements comme le vôtre, on pourra bientôt « expliquer »(justifier, en fait) les viols/agressions grâce à la tenue des victimes. Ah non, suis-je bête, on le fait déja…

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Seb. 2 octobre 2012 - 16:52

Je vous l’accorde j’ai rarement porté des robes et des jupes. Cependant, je vois régulièrement des gens qui en portent dans des contextes variés, et je vois rarement des personnes qui ayant une jupe arrivant au genou qui se retrouve au dessus de la mi cuisse du fait de s’être assise.

Effectivement,les hommes sont généralements représentés par le visage avec ou sans le buste. Cela dit, je pense qu’un homme politique qui se présenterai à une interview avec la chemise ouverte sur les pectoraux, la mounoute débordante du col, et un petit pantalon moulant, que les journalistes s’empresseraient d’illustrer leur article par une photo intégrale, dans l’intention probable de mettre en scène cette distortion entre le look du politique et ses fonctions. J’imagine qu’en l’occulrence c’est ce qu’à voulu faire le journaliste (la robe est tout de même franchement moulante), est-ce malin… ? Je n’en suis pas sûr.
D’ailleurs, je crois que la photo intégrale est un peu la tradition pour les portraits de Libé, faudrait vérifier… En tout cas, il n’y aurait jamais eu ce genre de photo avec Aubry, Lebranchu, Guigou, Lagarde, Aliot-Marie, Kosciusko-Morizet, et je pourrai en citer d’autres.

(à suivre)

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Seb. 2 octobre 2012 - 16:53

Il est facile de procéder à des comparaisons binaires en accusant ma réflexion d’amener à la justification du viol. La vérité est dans la nuance et dans le détail. On ne justiie pas le viol lorsque l’on conseille à une femme d’éviter de sortir le soir dans un bar de marin en minijupe. Pour autant, si elle est ennuyée, sans aller jusqu’au viol, il n’y a pas d’ambiguité, la seule personne à blamer est la personne qui s’est mal conduite avec elle.

En revanche, un élu s’est présenté à responsabilités, et est comptable de l’image qu’il renvoit si cette image perturbe l’inteligibilité de son message politique. Le journaliste y a contribué dans le cas présent, mais c’est la parlementaire qui a été élue et qui porte l’essentiel de cette responsabilité, qui doit être vigilente en premier lieu.

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