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Bono, un homme chez les « femmes de l’année » : Glamour fait polémique

par La rédaction

glamour_bonoLe magazine Glamour célèbre plusieurs « femmes de l’année ». Et pour la toute première fois, un homme est dans la liste : le chanteur Bono. Un choix contesté.

 

C’est l’une des nombreuses listes de personnalités qui vont fleurir à l’approche de cette fin d’année. Mardi 1er novembre, le magazine Glamour, version états-unienne, a dévoilé ses « femmes de l’année 2016 ». Une liste hétéroclite où figurent la chanteuse Gwen Stephani, la gymnaste Simone Biles, les trois fondatrices du mouvement #BlackLivesMatter (Patrisse Cullors, Alicia Garza et Opal Tometi), l’étudiante de Stanford, qui a témoigné après le viol qu’elle a subi, la directrice du FMI Christine Lagarde ou la militante yézidie Nadia Murad.

Et, surprise, figure aussi dans cette liste Bono, le chanteur du groupe U2. Un « homme de l’année » parmi les « femmes de l’année », pour la toute première fois en 27 ans. Bono y est mis à l’honneur pour avoir lancé, via son ONG ONE, la campagne Poverty Is Sexist – « La pauvreté est sexiste » – qui vise à mettre en lumière les liens entre pauvreté et inégalité entre les sexes.

Le magazine s’explique : jusque là, il ne célébrait que des femmes « car les hommes ne manquent certainement pas de récompenses dans ce monde, et chez Glamour, la tribu que nous célébrons est féminine ». Mais aujourd’hui, poursuit l’éditorial, « la plupart des femmes veulent – non, ont besoin – des hommes dans leur tribu ». Et « quand une rock star masculine qui pourrait faire ce qu’il veut de sa vie décide de s’intéresser aux droits des femmes et des filles dans le monde, cela mérite d’être célébré ».

Mais cette justification n’a pas suffi à toutes, loin de là. Les critiques insistent justement sur le fait que les hommes, comme l’admet le magazine, ne manquent pas d’occasions d’être mis en avant. Alors pourquoi leur accorder, en plus, la possibilité de figurer au côtés des « femmes de l’année » ? Certes, la campagne Poverty is Sexist de Bono est louable ; mais le mettre à l’honneur « gâche l’occasion de mettre en avant l’important travail que les femmes accomplissent chaque jour », écrit par exemple Elizabeth Daley, du magazine The Advocate, en jugeant cette récompense « condescendante » à l’égard des femmes.

Ce message ironique résume bien les critiques : « Il était important de montrer à nos filles qu’en grandissant elles peuvent devenir Bono ».

 

Le chanteur, pour sa part, a indiqué qu’il ne « mérite pas » cette récompense, mais y voit « une chance de dire que la bataille pour l’égalité des sexes ne peut être remportée sans que les hommes y prennent part aux côtés des femmes. Nous sommes largement responsables du problème, nous devons donc nous impliquer pour les solutions ».

 

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1 commenter

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Lili 2 novembre 2016 - 20:02

C’est vraiment nul. Bono est un homme, c’est le classement des femmes de l’année (pas celui des féministes de l’année, où il aurait sa place), pas d’homme, point.

Et non, les femmes n’ont pas besoin des hommes dans leur tribu et encore moins pour faire avancer les combats féministes. Les femmes souhaitent, veulent, acceptent, réclament (au choix) des hommes dans leur tribu et des hommes féministes, mais c’est pénible cette rhétorique du besoin, comme si le fait que les femmes puissent s’en sortir sans hommes était inacceptable, comme si une collaboration avec les hommes basées sur la volonté et non la nécessité était trop effrayant…

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