
La victoire à la présidentielle en novembre ne fait guère de doute après le plébiscite aux primaires de l’ex-présidente du Chili et ex-directrice d’ONU Femmes.
Haut la main. Michelle Bachelet a remporté avec plus de 73% des voix, face à trois autres candidats, la primaire de la coalition de l’opposition de gauche, dans l’optique de la présidentielle de novembre au Chili. Sa victoire est d’autant plus imposante que se déroulait dans le même temps la primaire du camp au pouvoir, qui a connu une participation beaucoup plus faible et qui a vu le candidat Pablo Longueira, ex-ministre de l’économie ultra-conservateur, l’emporter d’extrême justesse. Avec 1,5 millions de voix, Michelle Bachelet a obtenu deux fois plus de soutiens que les deux candidats de droite réunis.
Celle qui a occupé la présidence du Chili de 2006 à 2010 se trouve donc en position de force pour reprendre la tête du pays en novembre (1). Dès octobre 2012, alors qu’elle n’était pas encore candidate, elle était la grande favorite des sondages. C’est en mars 2013, après avoir arraché une résolution « historique » à l’ONU sur les violences de genre, qu’elle a annoncé son départ de la direction d’ONU Femmes, l’agence chargée de corriger les inégalités entre femmes et hommes, pour retourner aux affaires chiliennes.
Si elle remporte la présidentielle de novembre, c’est aux fortes inégalités économiques et sociales que Michelle Bachelet devra s’attaquer en priorité – le Chili est le plus inégalitaire des pays de l’OCDE. Elle projette une réforme fiscale destinée à financer des programmes sociaux, ainsi que la gratuité des études universitaires.
Duel idéologique
L’ombre de la dictature du général Pinochet risque d’être encore présente dans la campagne. Michelle Bachelet, ancienne opposante, souhaite que le Chili adopte une nouvelle Constitution, celle en vigueur datant encore du régime de Pinochet. Son adversaire Pablo Longueira a quant à lui débuté sa carrière politique sous l’aile de la dictature.
Autre franche opposition idéologique : Michelle Bachelet se dit ouverte à la légalisation du mariage pour les homosexuels, alors que Pablo Longueira, en 2011, était le co-parent d’une proposition de loi visant à graver dans la constitution que le mariage ne peut être que l’union d’un homme et d’une femme.
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Photo : Michelle Bachelet à Santiago, le 18 septembre 2009 © Oscar Ordenes
(1) La Constitution chilienne interdit d’exercer deux mandats de suite, mais pas de revenir à la présidence après une pause.
