Bras de fer en Turquie sur l’avortement

par Arnaud Bihel
Avorturc

Manifestation le 3 juin à Istanbul. Image : Bianet.org.

L’opposition s’organise face au projet du gouvernement turc de limiter, voire interdire dans les faits, le droit à l’avortement.


 

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche 3 juin à Istanbul pour s’opposer au projet du gouvernement turc de restreindre le droit à l’avortement. Et un collectif d’organisations a lancé une pétition sur internet, pour dire « Non à l’interdiction de l’avortement » – « Say no abortion ban ». Elles voient dans cette volonté du gouvernement « une nouvelle manifestation de la mentalité misogyne en cours, qui ignore le droit des femmes à prendre les décisions sur les sujets qui concernent leur corps ».

4 semaines de délai

Les femmes turques peuvent actuellement procéder à une IVG jusqu’à 10 semaines de grossesse. La future législation envisagée par l’AKP, le parti islamique au pouvoir, doit être soumise au parlement dès ce mois de juin. Elle réduirait ce délai à six, voire à quatre semaines. Ce qui, dans les faits, rendrait quasiment impossible le recours à une IVG.

Le débat a été attisé par plusieurs déclarations virulentes du Premier ministre turc au cours des derniers jours. Recep Tayyip Erdogan a notamment déclaré : « Que vous tuiez le bébé dans le ventre de sa mère ou que vous le tuiez après sa naissance, il n’y a aucune différence ». Il a également estimé que l’IVG participait d’un « complot » visant à saper la croissance économique du pays. Le Premier ministre encourage les femmes turques à avoir 3 enfants, alors que le taux de fécondité s’établit aujourd’hui à 2,1.

Santé en danger

En Turquie, « il n’existe aucune donnée indiquant que l’avortement est en hausse », soulignent les organisations du collectif « Say no abortion ban ». Elle rappellent en revanche que la légalisation de l’avortement dans le pays « a contribué au déclin de la mortalité maternelle, qui a chuté de 250 à 28 décès pour 100 000 accouchements entre les années 70 et les années 2000 ».

Amnesty International se dit également « profondément préoccupée par les déclarations » du Premier ministre turc et souligne que « restreindre l’accès à l’avortement va à l’encontre de l’intérêt médical et met la vie et la santé des femmes turques en danger ».

 

 

 

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2 commentaires

andrée badeau 5 juin 2012 - 20:24

tout mon soutien et mes encouragements aux femmes turques disposer de son corps est et doit rester un droit inaliénable ,malheureusement on sait bien que le corps des femmes est un enjeu politique
le jour ou la discrimination envers les femmes aura disparue de la surface de la terre ……….

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Tramu Marie-Danièle 6 juin 2012 - 08:35

« andrée badeau »
tout mon soutien et mes encouragements aux femmes turques disposer de son corps est et doit rester un droit inaliénable ,malheureusement on sait bien que le corps des femmes est un enjeu politique
le jour ou la discrimination envers les femmes aura disparue de la surface de la terre ……….

Pour cela il faut faire connaître un texte international : la Convention pour l’Elimination des Discriminations Contre les Femmes, dit CEDAW.
De nombreux pays l’ont accepté et ratifié , Ils doivent donc les appliquer. Les femmes ont le droit de se saisir de ce texte pour se retourner vers le Comité d’expertes qui étudient les dossiers. La vice-présidente est une française.

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