Accueil International Au Brésil, journée décisive pour le « cheval de Troie » anti-avortement

Au Brésil, journée décisive pour le « cheval de Troie » anti-avortement

par La rédaction

Réunion de la commission spéciale le 8 novembre 2017. Photo Luis Macedo/Câmara dos Deputados

En précisant que « la vie commence dès la conception », un amendement constitutionnel risque d’interdire totalement l’avortement au Brésil. Malgré les critiques, il pourrait obtenir ce mardi le feu vert pour un examen en séance.


 

Journée cruciale pour le droit à l’avortement au Brésil. Une commission spéciale de la Chambre des représentants doit à nouveau examiner, mardi 12 décembre, une disposition très controversée : un amendement constitutionnel précisant que « la vie commence dès la conception ». Ce qui vise à interdire l’IVG en toutes circonstances, même en cas de viol ou de risque pour la vie de la mère.

Mise à jour, 13 décembre : l’examen du texte a été reporté à une date indéterminée

Ses opposants soulignent aussi qu’il s’agit d’un « cheval de Troie », puisqu’il a été ajouté à un texte concernant l’allongement du congé maternité pour les mères de prématurés. Le 8 novembre, il avait passé le cap d’un premier examen en commission spéciale – avec des voix masculines, la seule femme présente avait voté contre.

Voir : Au Brésil, offensive intégriste contre le droit à l’avortement

Depuis lors, la mobilisation n’a pas cessé. Au Brésil, des milliers de femmes ont manifesté à plusieurs reprises contre cet amendement. Et plusieurs organisations internationales ont appelé les parlementaires brésiliens à le retirer. Le 20 novembre, les agences de l’ONU au Brésil faisaient part de leurs « préoccupations » face à ce risque de « régression » législative. Ce 12 décembre encore, l’ONG Human Rights Watch estime qu’il aurait « des conséquences dévastatrices pour les femmes et les filles ».

Si la commission parlementaire donne son feu vert à l’amendement, la texte pourra alors être examiné en séance plénière. Étant de nature constitutionnelle, il lui faut être adopté par une majorité des deux tiers dans chacune des deux Chambres.

 

 

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