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Au Brésil, offensive intégriste contre le droit à l’avortement

par La rédaction

Réunion de la commission spéciale le 8 novembre 2017. Photo Luis Macedo/Câmara dos Deputados

Dans une commission parlementaire, 18 hommes ont fait passer un amendement précisant que « la vie commence dès la conception ». De quoi criminaliser l’avortement en toutes circonstances, même en cas de viol où il est aujourd’hui autorisé.


 

Dans la série « des religions et des hommes contre le droit à l’avortement », direction le Brésil. Une commission spéciale de la Chambre des députés a adopté, mercredi 8 novembre, un amendement qui vise à interdire l’IVG en toutes circonstances.

À l’heure actuelle, au Brésil, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de viol ou de risque de mort pour la mère. Cet amendement vient préciser que « la vie commence dès la conception », ce qui risque de rendre le recours à l’IVG criminel en toutes circonstances. Sur 19 membres de la commission parlementaire, 18 ont voté pour : 18 hommes. La seule femme présente a voté contre. Cette dernière, Erika Kokay, dénonce des « parlementaires machistes, misogynes et intégristes »

 

Les défenseures du droit à l’avortement voient derrière cet amendement la main du lobby évangéliste, très puissant dans la politique brésilienne, et l’utilisation d’un « cheval de Troie » pour chercher à interdire totalement l’avortement. L’amendement a été proposé dans le cadre d’un projet de loi, nommé PEC 181, qui prévoit l’allongement du congé maternité pour les mères de bébés prématurés.

 

La présidente destituée Dilma Roussef dénonce une « immense régression » et le mouvement féministe se mobilise. Des milliers de personnes doivent manifester le 13 novembre

« Les intégristes veulent qu’une femme qui tombe enceinte après avoir été violée, contrainte d’avoir un enfant né de la violence, soit arrêtée pour avoir avorté ou meure suite à un avortement clandestin. Les conservateurs veulent que, même si la vie de la femme enceinte est en danger, nous n’ayons pas le droit de recourir à un avortement », dénonce le Front féministe de gauche qui organise cette mobilisation.

La mesure nécessitant une modification de la constitution, elle est encore loin d’être adoptée. Il lui faudra être votée par les deux tiers des parlementaires.

 

1 commenter

loic 13 novembre 2017 - 13:22

Scandaleux! Les Brésiliennes ne vous laissez pas faire! Dilma Roussef était certes corrompue….mais c’est le cas de presque tous les politiques de ce monde (leur fonction les exposent à cela, ce n’est pas pour excuser ce fait, mais bon…), mais maintenant, ce sont vous les Brésiliennes qui vont en subir les conséquences et vous allez voir que ces messieurs (qui sont tous aussi corrompus) vont essayer de supprimer tous vos droits, c’est très triste mais pas perdu…ne lâchez rien!

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