Lors des manifestations ces quatre derniers jours, au moins 91 femmes ont été agressées ou violées place Tahrir. Human Rights Watch dénonce un climat d’impunité.
Les agressions sexuelles sur la place Tahrir, au Caire, ont atteint ces derniers jours un niveau « épidémique », dans « un climat d’impunité ». C’est Human Rights Watch qui sonne l’alarme, mercredi 3 juillet (ici en anglais).
Selon l’ONG qui s’appuie sur les témoignages de groupes égyptiens « anti-harcèlement », au moins 91 femmes ont été agressées sexuellement, et certaines violées, ces quatre derniers jours sur la place Tahrir, lors des rassemblements monstres contre le président Mohamed Morsi.
Ces attaques « mettent en lumière l’échec du gouvernement et de tous les partis politiques à répondre à la violence à laquelle sont confrontées quotidiennement les femmes d’Egypte dans l’espace public », souligne Joe Stork, responsable de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient.
Le pouvoir « ne cesse de minimiser l’étendue du problème »
Le 12 juin, le Conseil national égyptien pour les femmes a soumis à la présidence une proposition de loi contre les violences sexuelles. Un mois plus tôt, le ministère de l’Intérieur annonçait la mise en place d’une unité de police spécialisée sur ces violences.
Mais pour l’heure, le climat d’impunité prédomine, souligne l’ONG. Le pouvoir « ne cesse de minimiser l’étendue du problème » et les victimes osent rarement porter plainte, par crainte de stigmatisation et « parce qu’elles n’ont aucune raison de croire qu’il y aura une enquête sérieuse », estime Joe Stork.
« Depuis novembre 2011, la police se tient à l’écart de la place Tahrir lors des grandes manifestations, pour éviter les friction avec les manifestants », note Human Rights Watch. « Cela laisse les femmes sans protection, et laisse libre cours aux hommes impliqués dans les agressions et les viols, puisqu’ils savent qu’ils ne seront pas arrêtés ni identifiés ».
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