Cancers et environnement : le lien

par Isabelle Germain

(photo Nicolas Fèvre)L’Afsset (agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) s’est récemment positionnée sur la question du poids de l’environnement dans l’incidence des cancers. Ce débat oppose des institutions telles que l’Académie de médecine, qui estime à quantité négligeable la part des cancers attribuables à l’environnement, et certaines associations pour lesquelles celui-ci est responsable de deux tiers à trois quarts des cancers.


 

L’avis de l’agence s’appuie sur une expertise de 900 pages délivrée par l’Inserm en octobre dernier sur l’augmentation de l’incidence de neuf cancers : poumon, sein, testicule, thyroïde, tumeurs cérébrales, mésothéliome, ovaire, prostate, hémopathies malignes.

Trois messages clés en ressortent :

1) « La part de l’environnement est forte dans l’incidence des cancers »
Selon l’agence, certains produits comme le tabac, le benzène, l’amiante, entrent dans la catégorie des risques avérés de cancers. Mais beaucoup de cas restent non expliqués. Dès lors, on ne peut faire l’impasse sur d’autres risques, notamment les expositions environnementales. Des travaux récents montrent ainsi l’importance de l’interaction de substances qui, prises séparément, ne sont pas nocives.

2) « Il faut développer une approche de précaution »
Lorsque la dangerosité d’un produit est prouvée, celui-ci est remplacé par d’autres. Mais il existe de nombreux produits sur lesquels pèsent des suspicions, sans que l’on ait suffisamment de données pour les classer en catégorie cancérogène 1, qui regroupe les cancérogènes avérés. Par exemple, certaines études sur les animaux mettent en cause le dichlorométhane, utilisé en masse dans les huiles essentielles, les parfums, les pneumatiques. Selon l’agence, il ne faut pas attendre 20 ans pour agir mais dès à présent, travailler sur les questions de valeurs limites d’exposition, voire sur la manière de substituer certaines substances par d’autres. Concernant le dichlorométhane, l’Afsset vient ainsi de fixer une valeur d’exposition plus protectrice. Un site internet a par ailleurs été mis en place pour aider les industriels dans cette logique de substitution : www.substitution-cmr.fr. A côté d’une approche de prévention qui s’appuie sur les risques connus, il s’agit donc de développer un principe de précaution basée sur l’évaluation des risques sanitaires.

3) « Il faut développer une approche socioéconomique du cancer »
Les inégalités sociales se traduisent en inégalités face au cancer, de même que les inégalités hommes-femmes. Pour la première fois, l’Afsset a fait appel à des juristes et des chercheurs en sciences économiques et sociales pour étudier ces questions.

claire.aube@la-maison-du-cancer.com

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thierry 13 septembre 2009 - 14:26

Quand je lis le titre de l’article je me dis que viens de faire une découverte ! L’individu moyen ne sait pas qu’on vit mieux en bonne santé, sans pollution, mais pas non plus en plein soleil trop lontemps, si on a fait des études… que si on est émigré sans toit dans Paris ! Heureusement que l’Afsset pense pour moi… car ses idées « banales », je n’y avais pas pensé !

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