Accueil CultureCinéma Cannes 2010, politiquement incorrect

Cannes 2010, politiquement incorrect

par Arnaud Bihel

Après « Hors la loi », « Draquila – l’Italia che trema ». Avant même l’ouverture du Festival de Cannes, un deuxième film sélectionné suscite des appels à la censure. Le ministre italien de la Culture a décidé de boycotter la grand-messe du cinéma, accusant la polémiste Sabina Guzzanti d’avoir réalisé un « film de propagande ». La réalisatrice n’en demandait pas tant. Le Festival non plus.


 

Après les vociférations à l’encontre du film « Hors la loi » de Rachid Bouchareb, une autre œuvre sélectionnée au Festival de Cannes fait des vagues avant même sa projection sur la Croisette.

Invité à la grand-messe du cinéma, le ministre italien de la Culture a annoncé sa décision de la boycotter, afin de protester contre la sélection de « Draquila – l’Italia che trema » (Draquila, l’Italie qui tremble). Ce film, programmé hors compétition, sera projeté à Cannes jeudi 13 mai, dès le lendemain de l’ouverture du Festival. Le ministre Sandro Bondi dénonce un « film de propagande […] qui offense la vérité et le peuple italien dans son entier ».

« Draquila » est un documentaire sur le tremblement de terre qui a secoué la ville de l’Aquila en avril 2009 (faisant plus de 300 morts et des dizaines de milliers de sans abris) et sur sa gestion par les autorités italiennes. Signé Sabina Guzzanti, une artiste ouvertement polémique, on se doute qu’il s’agit d’un film à charge contre le système Berlusconi. Sabina Guzzanti a déjà signé, entre autres, « Viva Zapatero », un autre documentaire sarcastique où elle dénonçait la mainmise de Belusconi sur les médias italiens.

Après la polémique sur « Hors la loi », dénoncé par certains élus comme un film « anti-français », voilà donc un second objet de scandale sur la Croisette. On pourrait s’offusquer de ces appels à la censure s’ils n’avaient pas, finalement, un effet inverse de celui recherché par les censeurs : celui de faire de la publicité aux œuvres auxquelles ils s’attaquent. En France, la polémique sur le film de Rachid Bouchareb reste limitée ; et en Italie, comme le signale Rue89, la décision du ministre de boycotter le Festival « est loin de faire l’unanimité », même au sein du Parti de la liberté de Silvio Berlusconi.

Réagissant aux critiques contre « Hors la loi », le délégué général du Festival Thierry Frémaux, assumait : « Cannes est là pour servir le cinéma et accueillir les débats qui vont avec ». Ajoutant : « Mais il est fréquent qu’on instrumentalise le festival. C’en est presque une tradition ! Sa notoriété est telle que cela peut se révéler efficace. » Et en retour, la polémique ne peut pas faire de mal à la couverture médiatique du Festival.

Voir la bande -annonce (en italien) de « Draquila – l’Italia che trema » :

 

1 commenter

el actor 11 octobre 2010 - 09:00

😀

Répondre

Laisser un commentaire