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Le catalogue U excite les dérangés du genre

par Arnaud Bihel

UGarconBebePassé plutôt inaperçu pour sa première édition en 2012, le catalogue de Noël des magasins U qui transgresse les stéréotypes bénéficie d’un joli coup de pub grâce à l’excitation de quelques traditionalistes.


 

Des garçons jouant à la poupée ou à la cuisine. Des filles à la voiture ou à la grue télécommandée. Il y a un an, de telles images apparaissaient dans le catalogue spécial Noël de la chaîne de magasins U. L’enseigne expliquait répondre ainsi à des « remontées de clients déplorant que les petites filles étaient systématiquement associées à la dînette, et les petits garçons aux voitures ». On avait salué cet effort de déconstruction des stéréotypes sexués, qui était passé comme une lettre au père Noël à la poste (Voir : Super U, père Noël contre les stéréotypes).UQuad

Cette année, les magasins U poursuivent dans cette voie. Leur catalogue de Noël 2013, disponible depuis le 29 octobre, montre à nouveau de nombreuses images de garçons jouant à des jeux traditionnellement assignés aux filles, et réciproquement. Comme des garçons qui pouponnent, des filles qui bricolent ou conduisent. Ce n’est pas non plus le monde à l’envers, évidemment. Figurez-vous qu’on voit aussi des filles cuisiner et des garçons jouer au soldat, des images où tout est rose chez les filles et bleu chez les garçons. Mais l’impression générale est qu’un jeu n’est pas réservé à un sexe.

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Seulement, la mobilisation contre le « mariage pour tous » et l’excitation autour de la notion de genregender – est passée par là. Et voilà que ce catalogue « déchaîne les passions », observe LePoint.fr. L’expression est sans doute excessive, car les réseaux sociaux le sont. Et c’est sur Twitter, ou encore sur la page Facebook de la Marque U, qu’on remarque en effet des commentaires enflammés sur ce catalogue de Noël 2013. Commentaires négatifs appelant au boycott, certains utilisant le terme de « dégénéré », d’autres de « décadence »… mais en fait les messages positifs semblent bien plus nombreux. A l’image de celui-ci : « Bravo pour votre catalogue de jouets qui est moderne et tout à fait dans l’actualité ! Ne cédez pas aux pressions et continuez de le distribuer car un petit garçon à le droit de jouer à la poupée et une petite fille aux voitures ! »

Mais on ne peut pas dire que les commentaires se comptent par milliers, ni même par centaines – en tout cas, avant que l’article du Point gonfle la polémique. Il ne faut donc sans doute pas accorder plus d’importance que cela aux messages négatifs, aussi virulents soient-ils.

D’autant que le catalogue des magasins U est certes novateur en France (où celui de Toys R Us, par exemple, reste un concentré de clichés) mais n’est pas unique en son genre en Europe. En Suède ou en Grande-Bretagne, Toys R Us, justement, et de plus en plus d’enseignes de jouets, s’engagent à ne plus enfermer garçons et filles dans des activités sexuées.

 

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4 commentaires

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imeon 4 novembre 2013 - 22:39

je m’en vais de ce clic ajouté mon commentaire d’encouragement a super U..

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taranis 5 novembre 2013 - 09:33

Les magasins U ont fait preuve, une nouvelle fois, d’égalité en évitant la catégorisation par sexe, pour lui préférer un classement par univers : poupées, bolides ou encore « je fais comme les grands ». Mais, sans grande surprise, ce catalogue « dégenré » a créé la polémique. Les « couillus » se sont une nouvelle fois violemment offusqués et le font savoir, c’est « CONTRE NATURE » Aux petites filles les dînettes, les poupons, les Barbies, les robes de princesses et les machines à laver miniatures… Comme maman ! Aux petits garçons les ateliers de bricolage, les personnages musclés et guerriers, les jeux de conquête… Comme papa ? Non, plus viril que papa ! Pourquoi trouve-t-on des pages bleues et des pages roses dans les catalogues de jouets? Pourquoi les petits garçons s’imaginent-ils journalistes, pilotes de course, cosmonautes ou aviateurs tandis que les petites filles disent simplement rêver… d’une maison? L’apprentissage du sexisme et de l inégalité sont déjà enseignés aux enfants et nous révèle l’ampleur de la discrimination sexiste que subissent les enfants et la manière dont se construisent le masculin et le féminin au travers des jouets et de leurs usages. Les jouets sont politiques car la socialisation se fait par eux, les inégalités persistantes y sont confortées. Pour gagner le combat contre ce déterminisme patriarcal nous devons faire reculer le sexisme au quotidien dès le plus jeune âge. Et ce n’est pas les enfants qui se plaindront de pouvoir jouer, sans contraintes d’adultes injustes et donc incompréhensibles pour leur personnalité en formation

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La Framb 8 novembre 2013 - 10:08

Bravo à la chaîne des magasins Super U. Il y a encore beaucoup de travail concernant la déconstruction des préjugés et des stéréotypes…Les filles sont bien plus intéressantes quand elles discutent politique, voiture, sport avec les garçons, et les garçons sont beaucoup sexy quand ils participent à la cuisine, l’éducation, le bain des enfants. Parents d’aujourd’hui, vos gendres et belles-filles vous remercieront plus tard !

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tassedejardin 14 novembre 2013 - 18:34

Je suggère de systématiquement interpeller les responsables de rayons quand elles et ils mettent en avant des emballages sexistes. C’est ce que j’ai fait à la Fnac, par ex, qui exhibait des jeux « 100% girls » (être belle et cuisiner) et « 100% boys » (explorer et découvrir). Je lui ai décrypté les stéréotypes sexistes et cité les conséquences, et pour finir lui ai dit que je n’achèterai pas chez lui, mais que je repasserai l’an prochain pour voir si ça évolue.

Conscientiser, responsabiliser.
La pression du porte monnaie…

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