
François Fillon en octobre 2014. Par European People’s Party sur Flickr (CC BY 2.0)
Pour François Fillon, Ségolène Royal n’a pas d’influence en tant que ministre mais en tant qu’« ancienne épouse » du chef de l’Etat. « Machisme de bas étage », « misogynie crasse », commente Cécile Duflot.
C’était une petite phrase, prononcée mardi 18 octobre lors d’un meeting électoral, destinée à critiquer l’indécision du chef de l’Etat. Mais en réduisant la ministre Ségolène Royal à son statut d’« ex » du président, François Fillon a fait état de « misogynie crasse ». La critique est signée Cécile Duflot.
L’ancien Premier ministre, candidat à la primaire de la droite, pointait du doigt la confusion persistante autour du projet controversé d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Un projet dont le Premier ministre Manuel Valls est un fervent défenseur, tandis que la ministre de l’Environnement Ségolène Royal s’y déclare opposée. « Il faut arrêter les frais », estimait-elle le 16 octobre.
Mais pour François Fillon, ce n’est pas en sa qualité de ministre, numéro 3 du gouvernement dans l’ordre protocolaire, que Ségolène Royal peut avoir de l’influence : c’est parce qu’elle est l’« ancienne épouse » du chef de l’Etat (en fait, ils n’ont pas été mariés).
Ce qui donne, selon les versions :
https://twitter.com/cmorard/status/788447869472743424
« S’il a vraiment dit ‘ancienne épouse’ pour parler de la ministre de l’écologie, c’est du machisme de bas étage… », commentait rapidement l’ancienne ministre Cécile Duflot, candidate à la primaire EELV, habituée à subir les comportements machistes. Avant d’enfoncer le clou :
Et de poursuivre mercredi sur l’antenne d’Europe 1 : « La phrase de monsieur Fillon est extrêmement choquante. Ségolène Royal est ministre de l’Écologie, donc on peut avoir un débat politique. Mais la ramener à un statut conjugal, je trouve ça d’une misogynie crasse. »
Dans le même ordre d’idée, quelques semaines plus tôt Le Figaro réduisait l’avocate internationale Amal Alamuddin Clooney à son statut de « femme de ».
Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :
Pour le président nigérian, sa femme doit rester « à la cuisine »
La France, pas une femme « à prendre ». La métaphore osée de François Fillon
