Accueil MédiasBruits et chuchotements Ces activistes qui affrontent de puissants climatosceptiques

Ces activistes qui affrontent de puissants climatosceptiques

par Isabelle Germain

Elles s’appellent Camille Etienne, Léa Falco ou Claire Nouvian… et bien d’autres. Elles s’exposent, prennent des coups et affrontent la goguenardise des puissants. Quelques faits et gestes de courageuses activistes.

Camille Etienne (à gauche) et Léa Falco

Quand la jeune activiste Camille Etienne pose une question lors de l’Assemblée Générale (AG) de BNP Paribas mardi 17 mai, elle est insultée, voire menacée de mort. Camille Etienne est pourtant pédagogue et veut «défendre notre survie ».

Avec des militants écologistes, elle a acheté quelques actions pour pouvoir participer à l’AG et demander des comptes aux dirigeants sur des investissements contraires aux engagements affichés par la banque. Elle raconte la scène sur Twitter : « ils financent encore des projets d’expansion pétrolière et gazière pour extraire toujours plus d’hydrocarbures, alors que la science est très claire : il faut laisser les énergies fossiles dans le sol si on veut se donner une chance de survie » *

Camille Etienne pose la question qui fâche aux dirigeants de BNP Paribas. Et des activistes des Amis de la Terre France, d’Action Non-Violente COP21 ou d’Alternatiba Paris scandent des slogans : et « 8 milliards à Total, Total ment… » « Et un, et deux, et trois degrés », « Leurs profits, nos vies », « les énergies fossiles ou notre avenir, BNP il faut choisir ». Certains actionnaires dans la salle font une sorte de « contre-bronca » et l’un d’eux s’exclame : « La question est hors sujet, pas de réponse ! » Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de la banque affirme au contraire qu’il faut répondre « sinon on n’est pas en société ». Un début d’ouverture qui n’a pourtant pas suffi à calmer les esprits.

Quand Camille Etienne retourne chercher ses affaires sur sa chaise, « une actionnaire, la soixantaine, foulard Hermès au cou m’interpelle : “connasse” » écrit la jeune activiste qui ajoute : « Les hommes qui l’entourent, actionnaires, rigolent gras ».

Elle lui explique patiemment les raisons de son engagement, le dérèglement climatique qui va provoquer famines et incendies… « On est là simplement pour notre survie, pour votre vie à vous aussi. » Et la dame de lui répondre « et bien j’espère que la vôtre sera la plus courte possible »… Et bien sûr, elle entend des voix qui la traitent d’hystérique.

L’insulte sexiste, c’est aussi ce qu’a eu à affronter Léa Falco . Le même jour, cette étudiante qui représente le Collectif d’étudiants et jeunes diplômés Pour un réveil écologique, était invitée de l’émission Les grandes gueules sur RTL. Et « ce matin, j’ai osé dire qu’il nous fallait réduire l’aviation pour tenir nos objectifs climatiques » écrit-elle. Elle sélectionne alors un échantillon d’insultes qu’elle a reçues illico, en les classant par catégories. En premier, loin devant, les insultes sexistes avec deux catégories : pures insultes sexistes et insultes assorties de procès en incompétence techno. Sur Twitter, elle a habilement voulu « débunker ces biais de raisonnement » qui opposent une fin de non recevoir à son argumentation écologiste.

https://twitter.com/lea_falko/status/1526586594630766592

Cette semaine aussi, Claire Nouvian, la fondatrice de Bloom qui bataille pour la protection des océans a rappelé qu’elle avait elle aussi été traitée d’hystérique sur CNews quand elle soulignait l’urgence à agir contre le dérèglement climatique. Elle dénonce le parti pris de la chaîne qui « représente un danger pour notre société ».

Lire : #JESUISFOLLEDERAGE, CONTRE LE «NÉGATIONNISME CLIMATIQUE ET LA MISOGYNIE»

La semaine dernière, un groupe de diplômé.es, avec autant de filles que de garçons, appelait à déserter les professions de l’agro-industrie qui agissent contre les intérêts de la planète.

Lire : L’APPEL À LA DÉSERTION DES DIPLÔMÉ.ES D’AGROPARISTECH

Beaucoup de femmes parmi les activistes du climat ont du mal à se faire entendre et à être prises au sérieux par des hommes bien installés à la table du pouvoir…

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*(L’Eurodéputé Pierre Larrouturou explique ici de façon synthétique pourquoi le projet Eacop  en Ouganda et Tanzanie, soutenu a hauteur de 8 milliards par BNP Paribas est une « bombe climatique »).

1 commenter

Lili 1 juin 2022 - 23:54

C’est pas attaquable en justice tout ça? Et pour le coup, tout a été filmé, devant plein de témoins…. je sais que c’est dur de devoir en plus supporter cela, mais il n’y a pas d’autre issue. Ne pas laisser faire, ne pas accepter l’impunité.

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