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Ces buzz qui sédimentent une opinion féministe

par Isabelle Germain

Beaucoup de discours contre le sexisme, peu d’actes. Mais la vague post-Weinstein permet de sédimenter une petite couche d’opinion féministe.

Ce n’est pas encore gagné. Et les atavismes machistes demeurent. Mais ce qui se passe depuis quelques semaines est nouveau ! Le mot sexisme surgit partout dans les médias. Porté par la vague Weinstein et les buzz qui l’ont accompagnée, le président de la République a prononcé un discours historique le 25 novembre à l’occasion de la journée contre les violences faites aux femmes et du lancement de la « grande cause nationale ». Il ne s’est pas contenté de quelques propos compassionnels avant de passer à autre chose mais a repris la terminologie féministe en affirmant que « notre société toute entière est malade du sexisme » et en parlant de « combat culturel. »

Las, les moyens pour mener ce combat culturel ne suivent pas. Si l’État est prêt à mettre beaucoup d’argent sur la table pour former ses agents à la réforme de l’administration, il est beaucoup plus radin sur la formation des agents qui pourraient mener ce combat culturel contre le sexisme. Et des syndicats n’ont pas tardé à faire observer que la France était en recul sur la question des violences faites aux femmes au travail. Mais le discours du président a été suivi dans les gazettes.

Et ces gazettes elles-mêmes changent de discours. Jusqu’ici, les médias se souciaient comme d’une guigne du déséquilibre entre femmes et hommes dans leurs colonnes. Un déséquilibre souligné depuis, au moins, 1995 par les études du GMMP.  En mai 2011, lors de l’affaire DSK, Les Nouvelles NEWS étaient à peu près le seul journal à pointer l’omerta sur les violences faites aux femmes pendant que les confrères chantaient les louanges de la séduction à la française. Et voici qu’ils donnent enfin du crédit à la parole des victimes. La direction 100% masculine de la Caisse des Dépôts est un vrai sujet dans le journal d’investigation Mediapart. Quotidien, ex-Petit journal de Yann Barthes, jadis critiqué pour l’absence de femmes dans ses équipes, a été le premier à pointer le sexisme de la passation de pouvoir à « Delphine. » Pourtant, les journaux eux-mêmes ont souvent été les premiers à appeler les femmes politiques par leur seul prénom. Et la parité à l’antenne est très loin d’être assurée, comme le montre notre dossier.

À force de mobilisation, les médias commencent à bouger et à poser une nouvelle couche sédimentaire dans le combat culturel contre le sexisme. Si la mobilisation ne faiblit pas, il viendra bien un moment où les décideurs n’auront pas d’autre choix que de mettre les actes en cohérence avec les discours.

 

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gouget 30 novembre 2017 - 11:55

quand on voit la façon dont l’OBS traite les femmes politiques dan s ses articles ( le pire étant celui écrit par une marie( je sais plus son nom!!!!) sur la secrétaire d’état à l’égalité, article machiste et pitoyable, on ne s’en étonne pas

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