Accueil MédiasNumérique Changement d’algorithmes contre le sexisme chez Google

Changement d’algorithmes contre le sexisme chez Google

par Camille Saint-Cricq

Le moteur de recherche a enfin modifié des algorithmes pour ne plus associer systématiquement les mots « lesbienne » ou « femme noire » ou « femme asiatique » à de la pornographie.

Avant le 18 juillet 2019, si vous saisissiez le mot « lesbienne » sur le moteur de recherche Google, vous arriviez systématiquement sur des sites pornographiques. Les lesbiennes y étant, le plus souvent d’ailleurs, présentées comme objets de fantasmes d’hommes.

Désormais, le moteur de recherche a changé son algorithme et les contenus qui arrivent en premier sont plutôt des ressources pédagogiques, des médias ou des contenus venant de réseaux sociaux.

Le changement ne s’est pas opéré tout seul. Il a fallu une forte mobilisation d’un collectif appelé SEO Lesbienne

Les internautes ont dû faire remarquer au moteur de recherche, comme l’explique Numérama, que, pendant le « mois des fiertés », Google affichait une bannière à la mémoire des émeutes de Stonewall mais continuait à répondre aux requêtes « lesbienne » par des sites pornographiques. « Une fois le décalage signalé, Google avait choisi d’enlever la bannière plutôt que de corriger les résultats.» regrettait Numearma.

Auparavant, lors de l’élection d’une première femme maire, lesbienne et noire aux Etats Unis, le collectif avait interpelé les médias en ligne pour qu’ils écrivent clairement le mot «Lesbienne ». (voir LORI LIGHTFOOT, NOIRE, LESBIENNE, MAIRE DE CHICAGO)

Et finalement, le changement est enfin opéré sur l’algorithme même si tout n’est pas encore parfait puisque lorsque l’on recherche du contenu vidéo, c’est encore le porno qui arrive en premier sur l’écran.

Dans la foulée, Google a aussi modifié un autre algorithme, celui concernant les « femmes non blanches ». Les termes « jeune femme noire » et « jeune femme asiatique », ne renvoient plus à des contenus pornos en premier. C’est une développeuse qui le remarque. Jill Royer, « responsable de trucs numériques » à la France insoumise indique que la députée Danièle Obono (FI) avait soulevé le problème lors de l’examen de la proposition de loi sur la cyberhaine.

A noter : les mots « gay » ou homosexuel au masculin n’ont jamais renvoyé en priorité à des sites pornos…

Cet épisode montre à quel point la production médiatique qui nourrit l’inconscient collectif est prisonnière de certains fantasmes masculins. Le phénomène existait bien avant le sexisme haut débit sur internet. Cette liste publiée sur un site de « blagues » montre la permanence de l’association femme/ objet sexuel :

Un entraîneur : c’est un homme qui entraîne une équipe sportive
Une entraîneuse : c’est une pute

Un professionnel : c’est un sportif de haut niveau
Une professionnelle : c’est une pute

Un coureur : c’est un homme qui est bon joggeur
Une coureuse : c’est une pute

Un homme à femmes : c’est un séducteur
Une femme à hommes : c’est une pute

Un gagnant : c’est un homme qui réussit
Une gagnante : c’est une pute qui rapporte

Un masseur : c’est un kiné
Une masseuse : c’est une pute

Un homme qui fait le trottoir : c’est un paveur
Une femme qui fait le trottoir : c’est une pute

Un courtisan : c’est un homme qui est proche du Roi
Une courtisane : c’est une pute

Un gars : c’est un jeune homme
Une garce : c’est une pute

Un péripatéticien : c’est un homme partisan de la doctrine d’Aristote
Une péripatéticienne : c’est une pute

Un homme public : c’est un homme connu
Une femme publique : c’est une pute

Un homme sans moralité : c’est un politicien
Une femme sans moralité : c’est une pute…

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