Changer les médias pour changer la société

La presse commence à être attentive à la question du genre pour en finir avec le seul point de vue masculin sur l’information et sur la société.

« Si nous changeons les médias, nous pouvons contribuer à changer la société» Yoshiko Hayashi, une des fondatrices du mouvement des femmes journalistes au Japon ne pouvait pas dire mieux. Créé dans la foulée du mouvement mondial #MeToo, cette association veut lutter contre le harcèlement dont sont victimes les femmes journalistes dans l’exercice de leur métier et proposer un autre point de vue sur le monde. (voir Japon : Femmes journalistes en lutte contre le harcèlement)

La même semaine en Espagne, le quotidien El País créait un poste spécifique pour améliorer le traitement du genre et des droits des femmes dans ses pages. (voir Pilar Álvarez, une “correspondante de genre” pour El País)

Au même moment, à Cannes, 82 femmes montaient ensemble les marches du Palais des Festivals pour que « ça change »… Parce que les femmes ne parviennent que rarement à faire financer leurs films, c’est toujours un point de vue masculin sur le monde qui triomphe au cinéma avec des films dont les hommes sont les héros et les femmes leurs faire-valoir. C’est un peu la même chose dans les médias d’information.

Et comme chacun, chacune de nous se conforme à ce qu’il, elle voit dans les médias… et en s’y conformant le confirme, le serpent se mord la queue. Pour enrayer le cercle vicieux, les femmes doivent prendre la main sur les images qui sont données à voir et sur les messages subliminaux diffusés derrière l’information.

Mais il ne suffit pas d’avoir davantage de femmes à la source des images et de l’information. Encore faut-il prendre du recul sur les stéréotypes et sur la vision masculine du monde qui s’impose depuis des siècles. L’aventure du mot frotteur est symptomatique : le dictionnaire Le Petit Robert l’a fait rentrer dans ses pages… mais en parlant d’érotisme et non d’agression (voir : Quand le Petit Robert se frotte aux frotteurs)

Et mieux vaut commencer le plus tôt possible à alerter. Les Nouvelles NEWS sont très fières d’être partenaire du concours #zéroCliché du CLEMI qui invite les enfants à déconstruire les stéréotypes. La cuvée 2018 est particulièrement réussie (voir Concours #ZéroCliché : les élèves explosent les normes)

Même chez les adultes, même chez une ministre qui vient de lancer une campagne contre les discriminations, le sexisme ne saute pas aux yeux (voir : Les hôtesses du Tour de France ? Rien de sexiste selon Laura Flessel)

Il est vrai que l’œil est beaucoup moins habitué à voir, à la télévision, des sportives sur les terrains de sport que des femmes décoratrices.

Changer les médias pour changer la société, vaste programme !

Illustration : notre hors série “le sexe de l’info” (2011)

 

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