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La Chine appelée à faire trois gestes pour les droits humains

par La rédaction

Mettre fin à la rééducation par le travail, au système de hukou et faire voter une loi sur les violences domestiques : à l’occasion de son premier Congrès national, le nouveau dirigeant chinois osera-t-il les réformes ?


La Chine peut-elle faire des petits pas en avant pour les droits humains ? C’est ce que demande Human Rights Watch (HRW) dans une lettre adressée au nouveau dirigeant chinois Xi Jinping, à l’approche du Congrès National du Peuple.

Ce Congrès annuel, qui s’ouvrira le 5 mars devant 3 000 délégués, définit les grandes orientations législatives. Ce sera le premier pour le nouveau Secrétaire général du Parti communiste, et donc « une occasion décisive de faire avancer des lois pour promouvoir les droits humains », souligne Sonia Richardson, responsable pour la Chine à HRW.

L’ONG de défense des droits humains liste dans sa lettre à Xi Jinping quatre domaines d’action sur lesquels elle observe « un large soutien [pour une réforme ou une législation], comme cela a été répété ces derniers mois par des hauts dirigeants du parti et du gouvernement ». Ces quatre points sont :

  • L’abolition des peines de rééducation par le travail.

HRW rappelle dans sa lettre (ici en anglais) que le 7 janvier dernier, le comité des affaire judiciaires du Parti a lui-même considéré ce système comme devant être réformé.

  • L’abolition du « hukou », le système d’enregistrement des zones de résidence.

Les autorités chinoises assurent depuis des années vouloir mettre fin au hukou, qui introduit une discrimination entre habitants des villes et des campagnes. Cet autre point a été désigné comme sujet de réforme le 7 janvier.

  • L’adoption d’une loi sur les violences domestiques.

HRW avance ces conclusions publiées en janvier par la All-China Women’s Federation, fédération de femmes liée au parti : une Chinoise sur 4 serait sujette aux violences domestiques, et les lois actuelles ne les protègent pas suffisamment.

  • La ratification de la Convention internationale sur les droits civiques et politiques.

La Chine a signé le texte il y a 14 ans, mais ne l’a toujours pas ratifié. C’est sans doute le point sur lequel Human Rights Watch a le moins de chance d’être entendu. La Convention inclut des protections contre les procès inéquitables et les mauvais traitement en détention, ainsi que le droit à la liberté d’association et d’expression, et les libertés politiques.

Dans son rapport mondial 2013 sur les droits humains, HRW évoquait ainsi le cas de la Chine : « malgré la modernisation rapide de cet État au cours des trente dernières années, le gouvernement demeure un système autoritaire à parti unique, qui entrave arbitrairement les libertés d’expression, d’association et de religion, interdit les syndicats indépendants et les organisations de défense des droits humains, et perpétue le contrôle du Parti sur l’ensemble des institutions judiciaires. Le gouvernement censure également la presse, l’Internet et le secteur de l’édition, et applique des politiques extrêmement répressives dans les régions où vivent des minorités ethniques comme le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie intérieure. »

 

 

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