Accueil CultureCinéma Chaque jour est une fête…

Chaque jour est une fête…

par Isabelle Germain

C’est le jour de la fête de l’indépendance du Liban. Pourtant, ici, le titre est allégorique. La guerre, la méfiance, la peur rôdent dans ce désert et sur ce film. C’est la toile de fond, une ambiance de longs plans-séquences où plane en permanence, sur les trois femmes qui le  parcourent, une menace d’origine inconnue, mais de mort ou de terreur, un peu comme cet avion qui plane au dessus de Cary Grant dans « La mort aux trousses », d’Alfred Hitchcock.


 

Le contexte, c’est le Liban, carrefour de violence. Les héroïnes sont trois femmes qui se rencontrent dans un voyage très particulier. Le chauffeur de car qui emmenait un groupe de femmes rendre visite à leur mari à la prison, est mort d’une balle dans la tête.

De ces trois femmes, une seule, la belle à la robe rouge, allait sur cette route, pour quérir la clé de son indépendance, la signature des papiers de son divorce. Une autre, la plus jeune, celle qui a le plus de rêves, bientôt d’illusions, était mue par l’espoir de revoir son jeune époux arrêté le jour du mariage. La dernière, interprétée par la magnifique Hiam Abbass, vue dans « les citronniers » ou « Le visiteur » est obligée de se rendre à la prison pour apporter à son mari, gardien, l’arme de service qu’il a oubliée.

chaque jour est une fete...Cette arme, va devenir le symbole de la quête des trois femmes et du lien qui se noue petit à petit entre elles, de la prise en main de leur destin, du pouvoir que leur donne leur errance dans le désert et de l’obligation qu’elles ont de résister, à la chaleur et aux violences. Tout cela évoqué par la réalisatrice, Dima El-Horr, avec peu de paroles, de belles séquences oniriques, beaucoup d’ellipses, et parfois aussi quelques longueurs.

Ce qui reste à la fin de ce film singulier, talentueux, c’est une belle allégorie de la route empruntée par ces trois femmes, de la fin des illusions, de l’obligation de s’approprier les armes… on pense à Kill Bill, le film de Tarantino, voire au pamphlet de Valerie Solanas SCUM Manifesto.

La bande-annonce :

 

Normal 0 21 false false false FR X-NONE X-NONE MicrosoftInternetExplorer4

Chaque jour est une fête.

In cinema-documentaire on janvier 30, 2010 at 12:42

C’est le jour de la fête de l’indépendance du Liban. Pourtant, ici, le titre est allégorique. La guerre, la méfiance, la peur rôdent dans ce désert et sur ce film. C’est la toile de fond, une ambiance de longs plans-séquences où plane en permanence sur les trois femmes qui le parcourent une menace d’origine inconnue, mais de mort ou de terreur, un peu comme cet avion qui plane au dessus de Cary Grant dans « La mort aux trousses », d’Alfred Hitchcock.

Ici, le contexte, c’est le Liban carrefour de violence. Les héroïnes, ce sont trois femmes, qui se retrouvent dans un voyage très particulier. Le chauffeur de car qui emmenait tout un groupe de femmes rendre visite à leur mari à la prison, est mort d’une balle dans la tête. De ces trois femmes, une seule, la belle à la robe rouge, allait, déjà, sur cette route, pour quérir la clé de son indépendance (la signature des papiers de son divorce). Une autre, la plus jeune, celle qui a le plus de rêves, bientôt d’illusions, était mue par l’espoir de revoir son jeune époux arrêté le jour du mariage, la dernière, (interprétée par la magnifique Hiam Abbass, vue dans « les citronniers » ou « Le visiteur »), obligée de se rendre à la prison pour apporter à son mari, gardien, son arme de service qu’il a oubliée.

Cette arme, va devenir le symbole de la quête des trois femmes et du lien qui se noue petit à petit entre elles, de la prise en main de leur destin, du pouvoir que leur donne leur errance dans le désert et l’obligation qu’elles ont de résister, à la chaleur et aux violences. Tout cela évoqué par la réalisatrice, Dima El-Horr, avec peu de paroles, de belles séquences oniriques, beaucoup d’ellipses, et parfois aussi quelques longueurs.

Ce qui reste à la fin de ce film singulier, talentueux, c’est une belle allégorie de la route empruntée par ces trois femmes, de la fin des illusions, de l’obligation de s’approprier les armes… on pense à Kill Bill, le film de Tarantino, voire au pamphlet de Valerie Solanas SCUM Manifesto.

Sandrine Goldschmidt

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire