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Cologne : les agressions sexuelles de la nuit du réveillon alarment l’Allemagne

par Arnaud Bihel
La gare centrale de Cologne, vue de la Cathédrale
La gare centrale de Cologne, vue de la Cathédrale

La gare centrale de Cologne, vue de la Cathédrale © Raimond Spekking / CC BY-SA 4.0 (via Wikimedia Commons)

Malaise et vives réactions en Allemagne après des dizaines d’agressions sexuelles, liées à des vols, dans la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne.

Des agressions sexuelles « massives » contre des femmes, dans la nuit du nouvel an, font la une de l’actualité en Allemagne. A Cologne, environ 90 femmes avaient porté plainte mardi 5 janvier après avoir été agressées dans la gare centrale ou à proximité, la nuit du nouvel an, par des bandes de jeunes hommes. Ces attaques semblent avoir eu pour motif principal des vols, mais elles étaient fréquemment accompagnées d’agressions sexuelles. Une plainte pour viol a également été déposée. Des faits similaires, de moindre ampleur, se seraient déroulés dans la ville de Hambourg.

Ces agressions – übergriffen – ont pris une dimension nationale en début de semaine. Le ministre de la Justice Heiko Mass évoque « une nouvelle dimension de la criminalité organisée ». Même si, pour l’heure, de nombreuses zones d’ombre persistent sur ce qui s’est réellement passé, l’affaire est d’autant plus sensible que la police a évoqué des suspects originaires d’Afrique du Nord et du Moyen Orient. De quoi attiser les incantations anti-immigration qui accompagnent l’accueil massif de réfugiés en Allemagne. Cologne est d’ailleurs la ville dont la nouvelle maire, Henriette Reker, avait été poignardée en octobre, en raison de son soutien à l’accueil des réfugiés.

Changer les comportements

Henriette Reker a elle-même été critiquée pour un conseil donné lors d’une conférence de presse mardi 5 janvier, alors que la foule se pressera à nouveau dans les rues de Cologne en février, pour le carnaval : pour éviter les agressions, les femmes devraient « rester à distance » des inconnus, une distance « d’au moins la longueur d’un bras ». Une réflexion vivement critiquée sur les réseaux sociaux, où la maire a été accusée de faire porter aux femmes la responsabilité d’actes commis par des hommes. La presse dans l’ensemble est moins critique, soulignant que Henriette Reker a été prise de court par la question d’un journaliste qui lui demandait comment les femmes pouvaient se protéger. Lors de sa conférence de presse, la maire de Cologne a également promis davantage de présence policière et une vidéosurveillance accrue pour le carnaval.

« Ce ne sont pas les femmes, mais les hommes, qui doivent changer leur comportement », a souligné comme en écho la ministre de la Famille Manuela Schwesig, lors d’une conférence de presse mercredi 6 janvier à Berlin. « Le temps où les femmes ne pouvaient pas porter de minijupe est révolu », a insisté la ministre, tout en soulignant que les agressions de Cologne « montrent que la violence sexuelle en Allemagne est un problème. ». Tout en mettant en garde, comme d’autres responsables politiques, contre une suspicion générale envers les réfugiés, Manuela Schwesig a poursuivi : « Nous devons identifier clairement lorsque des groupes spécifiques ne montrent aucun respect pour les femmes ».

 

 

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4 commentaires

4 commentaires

taranis 6 janvier 2016 - 16:05

Cynique Morale a l’allemande où les étrangers sont des barbares dès qu’ ils s’attaquent leur femmes et leurs filles alors que ce pays exploite sans scrupules des immigrées pour remplir leurs bordels Sur les cinq dernières années, la police déplore une augmentation de 70% des cas recensés : un véritable afflux de « chair à bordel », raflée principalement en Europe centrale et sur le continent africain. Payez 70 euros et servez-vous : le buffet, la bière… les femmes, tout est à volonté et sans restriction! Et avec la crise, les clients en veulent davantage pour moins d’argent. .La prostitution légale : devenue un métier à part entière, les gérants de bordels des hommes d’affaires et les personnes prostituées des « travailleuses du sexe ». Au bout du compte, c’est les dérives de la légalisation et des pouvoirs donnés aux grandes puissances mafieuses internationales, qui dominent le monde de la prostitution , développement de la prostitution illégale, explosion de la traite des êtres humains, mainmise de la criminalité organisée Le milieu de la prostitution allemande est influencé et contrôlé par des groupements albanais, bulgares, roumains, russes, turcs et arabes, et par des syndicats des Balkans, des rockeurs et d’autres. L’industrie du sexe allemande est un marché qui se chiffre en milliards et représente une partie non négligeable du PIB. Et ne nous y trompons pas : ce milieu a beaucoup d’amis à tous les niveaux, car ses offres sont attrayantes et puissantes : le sexe, l’argent, le manque de scrupules…Quand un État fait la promotion de la traite des femmes et de la prostitution, ne pas s’étonner ensuite que les femmes ne soient plus que des objets de convoitise sexuelle

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LeSage 6 janvier 2016 - 23:09

Taranis, vous mélangez tout avec votre propagande abolitionniste. Les agressions sexuelles n’ont rien à voir avec le milieu de la prostitution. Les pays qui connaissent les agressions sexuelles les plus récurrentes sont les pays prohibitionnistes : pays du moyen-orient, et même la Suède ou le nombre de viols a augmenté après la pénalisation des clients de la prostitution.

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Isabelle Germain 7 janvier 2016 - 10:50

Sur ce point, je ne vois pas à quelles études vous vous référez. Dans nos dossiers Prostitution http://www.lesnouvellesnews.fr/la-prostitution-vers-labolition/ et Violences http://www.lesnouvellesnews.fr/dossier-violences-sexuelles/ nous n’avons aucun chiffre indiquant cela

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taranis 7 janvier 2016 - 13:35

Oui j’ai amalgamé volontairement vieille et bonne Morale Protestante Allemande vs méchants migrants islamisés, il y aurait différentes façons culturelles de respecter les femmes ??? L’idée que le nombre de viols diminue grâce à la prostitution est héritée du moyen âge Ce mantra s’est largement répandu car il profite aux systèmes dominants intrinsèquement imbriqués dans lesquels nous vivons, à savoir patriarcat et néo-libéralisme. Au-delà d’une dualité, cette idée promeut plutôt un système hiérarchique où les hommes (en haut) achètent des marchandises-femelles (en bas) pour se satisfaire, ce qui garantirait la sécurité des femmes honorables (au milieu). Dans les pays qui ont légalisé la prostitution et lui permettent de prospérer, très logiquement, plus de femmes sont violées. Les prostitueurs s’adressent à des criminels reconvertis en hommes d’affaires, et ceux-ci leur fournissent les femmes pour réaliser leurs « fantasmes » violents et préfabriqués par la pornographie. En Allemagne, les tenanciers de bordels ont saisi l’opportunité de la légalisation pour importer des femmes pauvres pour les exploiter Le « rôle » de la prostitution n’est pas d’empêcher les viols. La prostitution et le viol sont deux facettes d’un monde où toute femme est une marchandise et fait l’objet d’une transaction, « volontairement » ou non. C’est tout l’objet de ma remarque avant de jeter l’opprobe sur les etranger regardaont se qui se fait aussi chez nous Les femmes enfermées dans le système prostitutionnel sont victimes de viols nombreux et répétés. Encourager ce « job » revient à accepter ces viols comme normaux. Une étude effectuée sur 200 jeunes femmes prostituées (mineures !) à San Francisco, établit que 70% d’entre elles ont été violées en moyenne 31,3 fois par an par des prostitueurs. Une étude sur les survivantes de la prostitution avançait des chiffres encore plus alarmants : les femmes interrogées rapportent en moyenne 103 viols par an En outre, elles étaient soumises à 53 séances de torture filmées – Méditez la dessus

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