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Communiquer pour sauver des vies

par Isabelle Germain

TSF HaïtiMonique Lane PetitDepuis le violent séisme du 12 janvier dernier, Télécoms sans frontières (TSF), la première organisation non gouvernementale humanitaire spécialisée en télécommunications d’urgence, est sur le pied de guerre à Port-au-Prince. Interview de Monique Lanne-Petit, sa directrice.


 

Comment est né TSF ?

Tout a commencé en 1991, avec la création d’une structure humanitaire généraliste par un groupe d’amis, dont Jean-François Cazenave, aujourd’hui Président de TSF, et moi-même. Au cours de missions en ex-Yougoslavie ou au Kurdistan, nous avons réalisé l’importance vitale des télécommunications en temps de guerre ou de catastrophe naturelle, au même titre que l’aide médicale ou alimentaire.

Ce type d’événements entraîne des déplacements massifs de populations, séparant des milliers de familles, dans un contexte de réseaux de communication détruits ou inexistants. Nous avons alors investi dans notre premier téléphone satellite et l’organisation fut créée en juillet 1998. Au fil de nos premières missions, il nous est apparu que les équipes de secours étaient confrontées à un manque similaire de moyens de communication, entraînant des difficultés à coordonner leur action. En 2001, TSF a donc ouvert son premier Centre Télécoms à disposition des acteurs humanitaires, à Mazâr-e charif, au Nord de l’Afghanistan.

Quels sont vos moyens et vos champs d’intervention ?

TSF ne compte que 17 salariés. Outre notre siège basé à Pau, nous possédons deux bases régionales : une à Managua, au Nicaragua, qui couvre l’Amérique latine et les Caraïbes, l’autre à Bangkok (pour l’Asie et l’Afrique de l’Est). Nous travaillons avec des bénévoles et des consultants aux quatre coins du monde, ce qui nous permet d’intervenir partout en moins de 24 heures. Nous utilisons des équipements satellitaires de pointe, connectés au réseau Inmarsat, qui couvre 98% de la planète. Des structures mobiles, légères et déployables en quelques minutes. Nos champs d’action sont de trois ordres. Primo, assurer la logistique des secours, en faisant bénéficier de nos moyens techniques les équipes d’intervention sur place. Secundo, faire le lien entre les populations sinistrées et leurs proches, permettre aux victimes de recevoir une aide personnalisée et faciliter le regroupement familial. En sus, notre ONG s’inscrit de plus en plus dans des actions de plus long terme, mettant télécommunications et systèmes d’information au cœur de projets de prévention et de développement.

Quelle est la teneur de votre mission en Haïti depuis le 12 janvier ?

Il s’agit du cinquième déploiement de TSF dans le pays depuis 2003. Suite au tremblement de terre, les lignes téléphoniques de Port-au-Prince ont quasiment toutes été coupées. Nos deux équipes déployées sur place ont ouvert trois centres de téléphonie dans le sud-ouest de la ville, à disposition des populations. Outre la transmission de nouvelles de leurs proches aux familles, ces moyens devraient permettre rapidement les transferts d’argent, vitaux pour aider les sinistrés. Côté logistique, TSF a installé des connexions fiables et durables aux autorités locales et à la communauté humanitaire, notamment autour de l’aéroport, centre névralgique de l’intervention internationale. Nous serons sans doute amenés à rester plusieurs mois en Haïti.

Pour en savoir plus ou faire un don : tsfi.org

 

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