Accueil Politique & Société Condamné pour harcèlement sexuel, Trompille non exclu de LREM. Indignations.

Condamné pour harcèlement sexuel, Trompille non exclu de LREM. Indignations.

par Camille Saint-Cricq

Le député a été condamné aux Prud’hommes pour harcèlement sexuel et licenciement abusif d’une ex-collaboratrice. Il a simplement dû se « mettre en retrait » ce qui suscite la colère des féministes. 

Stéphane Trompille, Gilles Legendre – Wikimedia commons

Stéphane Trompille, député de la quatrième circonscription de l’Ain, a été condamné par le conseil de Prud’hommes de Bourg-en-Bresse pour harcèlement sexuel et licenciement abusif à l’encontre d’une ancienne collaboratrice parlementaire par un jugement rendu le 20 mai. L’élu a fait appel de la décision et une enquête pénale, déclenchée à son initiative pour faux témoignage est en cours car il conteste l’authenticité d’une pièce du dossier. Le Conseil de prud’hommes avait jugé que « sous couvert de plaisanteries de mauvais goût et sexistes », Stéphane Trompille avait adopté « un comportement attentatoire à la santé » de sa collaboratrice de 32 ans.

Cette condamnation suffit-elle à l’exclure du parti politique créé par le président de la République en ce quinquennat qui a fait de l’égalité femmes-hommes une grande cause nationale ? Gilles Le Gendre, président du groupe la République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale a indiqué mardi 26 mai, lors d’un point presse, qu’il n’avait pas l’intention d’exclure le député « tant qu’une condamnation définitive n’est pas intervenue ». Cependant, « j’ai demandé à Stéphane Trompille de se mettre en retrait du groupe tant que les choses ne sont pas clarifiées et que la procédure judiciaire n’est pas allée à son terme. » a-t-il indiqué.

Une -faible- sanction qui a suscité la réprobation y compris dans les rangs de LREM. Du côté de l’opposition, Laurence Rossignol, sénatrice PS et ex-ministre en charge des Droits des femmes n’a pas hésité à taper fort : « Quand des ministres sont mis en cause dans des affaires de violences sexuelles, ils restent au gouvernement car il n’y a pas eu condamnation. Quand un député est condamné, il reste au groupe #LREM car il fait appel ! Toujours une bonne raison pour préférer les copains aux victimes. »  a-t-elle écrit dans un tweet. Et le député EELV Sergio Coronaro a souligné, pour sa part, le « deux poids deux mesures » du parti présidentiel : « Il vaut mieux être mis en examen ou condamné pour harcèlement sexuel plutôt que voter contre le budget à @LaREM_AN ! Dans le dernier cas, on est exclu. #Trompille #republiqueexemplaire »

Dans les rangs de LREM les oppositions franches à la décision de Gilles Legendre sont rares. Un tweet de la Secrétaire d’Etat à l’Egalité entre femmes et hommes a agacé certain.e.s de ses ami.e.s., le mot « définitivement » laissant penser qu’elle est favorable à la décision de Legendre. Elle a écrit : « Réaffirmons un principe: la protection des femmes fait partie de l’ADN de @enmarchefr aussi toute personne condamnée définitivement pour harcèlement sexuel ne peut, à mon sens, pas se revendiquer du mouvement. #NeRienLaisserPasser ». Les internautes, parfois membres de LREM, rappellent la lenteur des décisions de justice et les complexités de procédure qui rendent parfois la justice impossible.

Mais c’est la députée LREM Laurence Vanceunebrock, qui a appelé à l’exclusion avec le plus de fermeté : «  J’affirme que, la justice ayant établi la culpabilité de @S_Trompille, notre groupe @LaREM_AN ne doit plus trembler et l’exclure de nos rangs. Ne laissons aucune place au harcelement sexuel, et respectons la douleur des victimes. » Une position qu’elle a rappelée ce mercredi matin sur FranceInfo.  Pour elle, il s’agit de défendre les droits des femmes et de préserver l’image d’un parti qui «se veut bienveillant et progressiste».

Elle est a priori la seule députée LREM a avoir signé le communiqué du collectif « Chair collaboratrice », qui lutte contre les violences sexistes et sexuelles en politique. Cosigné par 40 députés – parmi lesquels Paula Forteza et Matthieu Orphelin, les deux têtes de file du nouveau groupe Ecologie, Démocratie, Solidarité (EDS) – le texte demande au président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, des sanctions disciplinaires contre Stéphane Trompille et invite les groupes politiques « à prendre leurs responsabilités », à la suite de cette décision de justice.

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