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Congé parental trop long et mal rémunéré : les pères s’investissent peu

par Marina Fabre
congé parental

L’haltérophile Lennart ‘Hoa Hoa’ Dalgren dans une campagne de communication de la Sécurité sociale suédoise, dans les années 70, incitant les pères à prendre leur congé parental. Via blogs.sweden.se

Bilan du congé parental dans l’OCDE : les pères s’investissent un petit peu plus. En France, pas d’évolution depuis 10 ans. Un « congé court et bien rémunéré », la solution ? 

 

Les pères prennent-ils davantage de congés parentaux ? Oui, répond l’OCDE qui vient de publier une étude spécifique sur la répartition des congés parentaux entre les hommes et les femmes.

Mais cette bonne nouvelle est à nuancer. Certes, 23 des 24 pays de l’OCDE ont mis en place un congé parental mais tous n’ont pas les mêmes spécificités… ni les mêmes résultats. En France par exemple – comme en Autriche – les hommes ne représentent que 4% des parents prenant un congé parental. « C’est la même proportion qu’il y a 10 ans », précise l’étude.

« Seuls les plus motivés et les plus courageux utilisent leur droit à un congé parental plus long »

Pourtant en Finlande, la participation des hommes a doublé entre 2006 et 2013. Sur la même période en Belgique, leur part a augmenté de 10 points. « De plus en plus de pays offrent des congés parentaux payés, à savoir une période de congés avec protection de l’emploi qui est disponible pour les deux parents. »

De manière générale, la participation des hommes aux congés parentaux a augmenté mais reste toujours faible. « Les mères utilisent généralement une grande partie de leur congé – presque toutes prennent un congé de maternité et le prolongent souvent en prenant au moins une partie du congé parental. »

Sans surprise chez les hommes, les pratiques sont très différentes. Ils prendraient seulement quelques jours après la naissance de leur enfant. « Seuls les plus motivés et les plus courageux utilisent leur droit à un congé parental plus long », analyse l’étude. 

Plus d’égalité dans la répartition des tâches

Mais pourquoi les pères sont-ils si réticents alors qu’un investissement plus grand de leur part permettrait aux femmes de « se remettre de la grossesse, de l’accouchement » mais aussi, pour elles, de se réinsérer plus vite dans le monde du travail ? Et « cela réduirait la pauvreté de la famille », ajoute l’étude.

Au niveau de la répartition des tâches, là aussi, la note serait positive. Les pères prenant un congé parental s’investissent plus « dans l’alimentation et la douche des enfants. » Et « cela a un effet durable », affirme l’OCDE, « les pères qui s’investissent tôt ont tendance à rester plus impliqués quand les enfants grandissent ».

Un congé court et mieux rémunéré (pas comme en France)

Mais côté vie professionnelle, comme pour les femmes, il y a un hic. « Les pères hésitent souvent à prendre leurs congés car ils craignent une répercussion sur leur carrière. » Un autre frein serait également lié au salaire. Les hommes gagnent en moyenne 15% de plus que les femmes. Le manque à gagner est plus important. Des solutions existent pourtant, comme en Allemagne, où les congés parentaux sont plus courts mais mieux rémunérés (300 euros mensuels).

En France, c’est l’inverse. La durée maximale de congé parental est de 28 semaines, un record dans l’Union européenne. De quoi crier cocorico ? Pas vraiment puisqu’un congé long et mal rémunéré est la combinaison parfaite pour freiner les pères.

Alors quelles solutions ? Bien que la décision revienne aux familles, « les décideurs politiques ont un rôle à jouer ». L’OCDE préconise des campagnes de sensibilisation, des incitations financières mais aussi des « périodes spécifiques pour les pères ou d’autres partenaires ». Comme c’est le cas en France.

Pour inciter davantage les pères à prendre des congés, l’OCDE propose également des « périodes de bonus », comprendre des semaines supplémentaires si le père décide de prendre un congé parental. En Islande et en Suède, ce « quota papa » a permis de doubler le nombre de jours de congé parental pris par les pères.

 

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09 Aziza 8 mars 2016 - 10:51

Toujours plus de cadeaux « incitatifs » pour les pères n’a, en France , rien donné….c’est comme les cadeaux au patronat pour soi disant créer de l’emploi: les cadeaux aux dominants sont inefficaces; ils détournent ce qui leur est « offert ».
Cela se traduit ici par des positions masculinistes lors des séparations, qui sont dans le déni de toutes les charges et responsabilités assumées par les femmes. Mais pas par un meilleur partage des tâches pendant les unions. Les « campagnes de sensibilisation » devraient être imaginées par les femmes elles mêmes: que souhaitent elles?

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