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Consensus syndical pour l’égalité professionnelle

par Arnaud Bihel

Sept organisations syndicales s’engagent à « à agir et à mobiliser les salariés » pour faire « de l’égalité professionnelle une réalité ».


C’est une belle déclaration d’intentions que publient 7 organisations syndicales à l’approche du 8 mars. Dans un communiqué commun, publié lundi 3 mars, la CFE CGC, la CFDT, la CFTC, la CGT, la FSU, Solidaires et l’UNSA appellent à faire « de l’égalité professionnelle une réalité ».

« Nos organisations sont engagées depuis de nombreuses années dans la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes », soulignent ces syndicats en préambule. « Nombreuses », le mot est peut-être un peu fort. C’est surtout depuis la réforme des retraites de 2010, il y a à peine 4 ans, donc, que le sujet est devenu une préoccupation à part entière (Voir : Retraites des femmes, les syndicats à l’épreuve).

Reste que « dans un climat social lourd où les syndicats ont plutôt tendance à se diviser », cette démarche d’union, aussi consensuel que soit le sujet de l’égalité professionnelle, « est suffisamment rare pour être soulignée », remarque l’éditorialiste du Monde Michel Noblecourt.

Les 4 facteurs des inégalités

Et les organisations d’en appeler à la « responsabilité » de chacun : « Les organisations syndicales, pour s’emparer au quotidien de l’égalité professionnelle ; le patronat pour que l’égalité professionnelle soit considérée comme une priorité ; le législateur quant à sa responsabilité de garantir l’effectivité du droit »… et même, en écho au débat sur l’égalité à l’école, « l’éducation nationale et les structures d’accueil des jeunes enfants pour participer à la lutte contre les stéréotypes. »

Le chiffre phare de l’inégalité professionnelle que les syndicats mettent en avant, c’est celui de 27?% (plutôt 24%, en réalité) d’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Et ils en soulignent les 4 facteurs principaux :

• Le temps partiel, qui concerne à plus de 80% des femmes.
• La concentration des femmes dans 12 familles de métiers socialement et financièrement dévalorisés.
• Les inégalités de déroulement de carrière et le plafond de verre.
• Ce que l’on pourrait appeler de la « ?discrimination pure? ».

(Voir à ce sujet dans Les Nouvelles NEWS : Un tiers de l’écart de salaire hommes/femmes reste inexpliqué)

Dans leur déclaration, les 7 syndicats s’engagent « à agir et à mobiliser les salariés pour mettre fin à ces inégalités ».

Dans le sens des promesses gouvernementales

Parmi leurs engagements, celui de « limiter le recours aux contrats à temps partiels », en rappelant qu’il concerne à 80% des femmes. Mais cette question les a surtout mis à contribution l’an dernier, avec la signature de l’accord sur l’emploi (Voir : Accord partiel sur le temps partiel).

Ils s’engagent également sur un des sujets chauds de ces prochaines semaines : « Dans le cadre des négociations de classification, adopter une évaluation non discriminante des emplois, agir pour la revalorisation des métiers à prédominance féminine et pour la reconnaissance des compétences et des qualifications ». Des questions que le gouvernement a mis à l’ordre du jour dans son programme 2014 pour l’égalité professionnelle (Voir : Égalité professionnelle, objectif 2025).

Plus généralement, d’ailleurs, la tribune des 7 syndicats fait écho aux objectifs affichés par le gouvernement. Le texte fait en effet référence à la nécessité d’une « bonne articulation entre vie personnelle et vie professionnelle pour toutes et tous, ainsi qu’une parentalité partagée. » En insistant notamment sur le besoin « de développer les lieux d’accueil pour la petite enfance », une autre promesse gouvernementale.

 

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5 commentaires

Las Vegas 4 mars 2014 - 17:40

Et FO ??

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Sosso 5 mars 2014 - 07:09

et ils on attendu 2014 pour y penser ? 75 % des entreprises n’ont jamais fait de rapport de situation comparée et les syndicats n’ont jamais bougé le petit doigt… Et là on devrait les croire ?

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Lène 5 mars 2014 - 08:03

« Sosso »
et ils on attendu 2014 pour y penser ? 75 % des entreprises n’ont jamais fait de rapport de situation comparée et les syndicats n’ont jamais bougé le petit doigt… Et là on devrait les croire ?

À noter qu’il y a moins de syndiquées que de syndiqués (je ne connais pas les chiffres, mais dans mon syndicat, le rapport doit être 2/3 d’hommes). Dans ce cadre, il évidemment plus difficile de prendre en compte cette question, même si je note qu’elle est régulièrement abordée, et pas seulement par des femmes. Je pourrais donc vous renvoyer la critique: les femmes n’ont qu’à se syndiquer.
Et vous, l’êtes-vous?

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Sosso 5 mars 2014 - 10:33

« Lène »

« Sosso »
et ils on attendu 2014 pour y penser ? 75 % des entreprises n’ont jamais fait de rapport de situation comparée et les syndicats n’ont jamais bougé le petit doigt… Et là on devrait les croire ?

À noter qu’il y a moins de syndiquées que de syndiqués (je ne connais pas les chiffres, mais dans mon syndicat, le rapport doit être 2/3 d’hommes). Dans ce cadre, il évidemment plus difficile de prendre en compte cette question, même si je note qu’elle est régulièrement abordée, et pas seulement par des femmes. Je pourrais donc vous renvoyer la critique: les femmes n’ont qu’à se syndiquer.
Et vous, l’êtes-vous?

je le fus et à chaque fois que je demandais à mes représentants de faire pression pour avoir des rapports de situation comparée digne de ce nom, ils me répondaient mollement qu’ils ne pouvaient pas monter au créneau sur tous les sujets à la fois pour ne pas braquer la direction, ils remettaient le sujet à plus tard. Bref on m’expliquait que ce n’était jamais prioritaire.

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Wanda 6 mars 2014 - 15:29

Citation du texte « Nos organisations sont engagées depuis de nombreuses années dans la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes », soulignent ces syndicats en préambule. « Nombreuses », le mot est peut-être un peu fort.

Je suis d’accord que « nombreuses » est légèrement exagéré. J’ai du interpeller l’un de nos syndicats, le plus visible en terme de communication mais pas en représentativité, il y a 3-4 ans pour leur demander quand ils se décideraient à mettre l’égalité pro H/F dans leurs objectifs. Depuis tous ont (enfin !) inclus ce sujet parmi leurs précoccupations. Cela dit, ils manquent d’ambition par rapport à la DG qui s’est enfin emparée du sujet et se sent obligée de faire plus, mieux et plus vite (merci à la pression externe) ! Enfin, seuls quelques uns ont su laisser la place dans leurs rangs à leurs consoeurs…. comme en politique !!

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