Des journalistes de la chaîne américaine CNN ont révélé l’existence d’une « académie mondiale du viol », où des hommes s’apprennent mutuellement à droguer et violer leurs conjointes. Suite à ces révélations, la Fondation des femmes et M’endors pas ont saisi la justice pour qu’une enquête soit ouverte.

Des millions d’hommes s’échangent des « conseils » pour droguer leurs conjointes, les violer, filmer leurs agressions et les diffuser. Ce sont les atrocités révélées par la chaîne américaine CNN en mars dernier. Les journalistes qui ont mené l’enquête parlent même d’une « académie mondiale du viol » sur laquelle règne une forme de « fraternité » masculine.
Plus de 62 millions de visites en un mois
Dans le sillage du procès des viols de Mazan, la révélation de cette « académie du viol » continue de lever le voile sur l’ampleur des violences sexistes et sexuelles et de l’utilisation de la soumission chimique. Les auteurs de ces violences se révélant être des « Monsieur-Tout-le-monde » ou des « bons pères de famille ». Face à l’urgence de démanteler ces réseaux d’agresseurs, la Fondation des femmes et M’endors pas, l’association co-fondée par Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot, saisissent la justice française.
Plusieurs plateformes sont dans le viseur des autorités judiciaires. Comme le site pornographique Motherless, dont la catégorie « sleep content » héberge plus de 20 000 vidéos de femmes endormies ou droguées à leur insu et agressées sexuellement ou violées. CNN rapporte qu’au mois de février, le site a enregistré plus de 62 millions de visites.
Les échanges de contenus illicites de ces réseaux s’étendent sur d’autres plateformes. Comme sur la messagerie cryptée Telegram. En 2024, un groupe rassemblant des centaines de milliers de Sud-Coréens s’échangeant des deepfakes pornographiques de leurs camarades de classe ou des femmes de leur famille avait été mis à jour. (Lire : Corée du Sud : les féministes luttent contre le fléau des deepfakes)
Les deux associations s’inquiètent, dans un communiqué joint, de « l’audience massive de ces plateformes, fréquentées par des millions d’utilisateurs » et soulignent « l’évidence d’un risque systémique pour les femmes et les filles ».
Démanteler ces réseaux
L’enquête de CNN donne le vertige tant l’ampleur de ces réseaux est grande. Des groupes de prédateurs similaires existent partout dans le monde. « Accessibles depuis la France, ces plateformes pourraient impliquer des utilisateurs et des victimes sur le territoire, comme le laissent craindre des affaires récentes », s’inquiètent la Fondation des femmes et M’endors pas. Les journalistes détaillent les difficultés à interpeller ces utilisateurs puisqu’ils agissent sous couvert d’anonymat.
Dans leur communiqué, les deux associations rappellent que des outils existent pour lutter contre les violences en ligne. « Face à cette situation, la Fondation des femmes et M’endors pas demandent l’ouverture d’une enquête par le Parquet de Paris, la mobilisation de PHAROS et de l’ARCOM, ainsi que des mesures de blocage et de déréférencement ». À cela s’ajoute, une nécessaire responsabilité des plateformes et des hébergeurs qui peuvent faire retirer ces contenus illicites et stopper leur diffusion.
Pour lutter contre ces réseaux, la Fondation des femmes et M’endors pas martèlent la nécessité d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, sur le modèle revendiqué par une coalition féministe depuis deux ans. « Cette loi permettrait en effet de reconnaître pleinement la soumission chimique, de renforcer les moyens d’enquête face aux réseaux numériques, d’assurer une prise en charge globale des victimes, et d’organiser une réponse coordonnée entre justice, santé et numérique », concluent les associations. (Lire : Face au faible investissement de l’État, une « coalition pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles)
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