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Contre les violences faites aux femmes, mobilisation générale

par Isabelle Germain

Chaque victime doit désormais trouver une réponse. C’est le but du nouveau plan de lutte contre les violences faites aux femmes présenté vendredi par le gouvernement. Un plan dont le budget a été doublé. L’indifférence n’est plus tolérée.


plan violencesEn 2012, 148 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint. Une sur dix subit des violences au sein du foyer. Moins de 20 % d’entre elles, ont  vu des médecins, des travailleurs sociaux ou des policiers. Autant de professionnels pas réellement formés pour comprendre ce qui se joue dans le huis clos du foyer. Et rarement en mesure d’apporter une réponse efficace (voir -> Violences : les professionnels de santé manquent de formation)

A quelques jours du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a présenté le quatrième plan triennal visant à éradiquer ces violences, un plan de 66 millions d’euros sur trois ans, soit le double du précédent.

Aucune violence déclarée sans réponse pénale sociale ou sanitaire. Finies les mains courantes sans suite, le plan prévoit « le principe de l’enregistrement d’une plainte et limite le recours aux mains courantes aux seuls cas de refus répétés de la victime et en l’absence de gravité des faits» Et même dans ce cas, le dispositif prévoit que la police fasse des visites surprise. Le classeur des mains courantes «violences conjugales», sera régulièrement contrôlé par le parquet qui pourra décider de se saisir.

Doublement du nombre des intervenants sociaux en commissariats et en brigades de gendarmerie. Quand les femmes battues osent pousser la porte du commissariat, elles repartent en général avec les coordonnées d’associations d’aide aux victimes qui ne sont pas assez nombreuses. Les effectifs d’assistantes sociales dans les locaux de la police vont doubler pour passer à 350 d’ici à 2017.

Le 39.19 fonctionnera 7 jours sur 7. Le numéro vert géré par la Fédération nationale solidarité femmes, qui reçoit plus de 50000 appels par an ne fonctionnait que du lundi au samedi de 9 heures à 22 heures faute de moyens. Beaucoup d’appels restaient sans réponse. Le plan va sensiblement augmenter son budget pour qu’il soit ouvert 7 jours sur 7.

1650 hébergements d’urgence. Mettre les femmes battues à l’abri de leur bourreau, avec leurs enfants, c’est la première urgence. Le plan prévoit la création de 1650 places sécurisées et avec un accompagnement adapté, le temps que les femmes puissent trouver une solution quand elles ont fui leur domicile.

Réponses urgentes en cas de viol. 27 plaintes pour viol déposées chaque jour, 10.000 viols constatés, 1.400 seulement font l’objet d’une condamnation. Le plan prévoit de mettre à disposition des professionnels, d’un « kit de constatation en urgence » pour effectuer des prélèvements en cas de viol, sur le modèle de celui utilisé aux Etats-Unis par les Sex Assault Response Team. Najat Vallaud-Belkacem, a également annoncé vendredi que le gouvernement étudiait la possibilité d’une prise en charge à 100 % par la sécurité sociale des femmes victimes de viol.

Tous concernés. Un spot de sensibilisation. Pour lutter contre l’indifférence qui permet cette violence, le plan prévoit une campagne intitulée «contre les violences, libérons la parole ». Le ministère des droits des femmes a largement répandu par email, auprès des associations, une invitation à faire connaître la campagne. Il faut aider les victimes à porter plainte. « Je compte sur vous » dit sans détour la ministre.

 

Contre les violences, libérons la parole ! par droitsdesfemmes

 

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5 commentaires

Lili 25 novembre 2013 - 11:33

Manque un petit truc aussi : sensibiliser les hommes (en particulier les jeunes) au fait qu’on ne frappe pas. Personne, mais du coup pas une femme.
Parce que ça paraît évident mais en fait ça ne l’est pas : c’est une forme de moralité et de maîtrise de soi qui s’inculque et pour certains ils n’ont pas eu cette éducation. Ca n’excuse rien mais c’est dommage de ne pas vouloir le voir et en tenir compte.
Punir, oui. Prévenir, aussi.

Bref, c’est dit mieux là
http://www.madmoizelle.com/tu-es-garcon-frappe-jamais-femme-210783

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Eric 25 novembre 2013 - 17:19

Ca a été fait depuis la nuit des temps (« tu ne tueras point »), de manière intensive et systématique à certaines époques, et il y a encore des gens qui pensent qu’on pourra programmer les comportements par de simples cours de morale.

Ca me laisse perplexe.

Pourquoi les femmes – puisque ce sont encore elles qui sont en charge du gros de l’éducation – ne le font-elles pas, si c’est aussi simple?

Les enfants héritent aussi – génétiquement – des traits de personnalité des parents. Les femmes battues, qui décident sciemment de faire des enfants avec des mecs agressifs et pervers, sont responsables de la perpétuation de ces comportements. Qu’elles se regardent dans un miroir, et pas seulement pour pleurnicher sur leur oeil au beurre noir.

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09 Aziza 26 novembre 2013 - 08:19

Je ne peux que redire qu’il est faux que les travailleurs sociaux ne soient pas formés à la violence conjugale. Dans la Fonction Publique, cette formation est obligatoire. Et beaucoup d’intervenants sur ce thème donnent des conférences ou organisent des débats. ce qui manque, c’est peut être l’approfondissement, mais il y a eu un gros travail de fait. N’accréditez pas cette idée, il est déjà assez dur pour une femme victime de violence de venir expliquer ce qui lui arrive à une assistante sociale; en général d’ailleurs, elle choisit un autre prétexte, puis en arrive au coeur du problème en fin d’entretien …

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lesharceleurs 26 novembre 2013 - 19:52 Répondre
lesharceleurs 26 novembre 2013 - 19:53 Répondre

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