Accueil Politique & Société Contre les violences intrafamiliales pendant le confinement : les pharmacies mises à contribution

Contre les violences intrafamiliales pendant le confinement : les pharmacies mises à contribution

par Camille Saint-Cricq

Les violences contre les femmes ont augmenté de plus de 30 % en cette période de confinement. Comme en Espagne, les femmes pourront passer par les pharmacien.nes pour faire savoir qu’elles sont en danger.

« Mascarilla 19 » (masque 19): depuis le 17 mars, en Espagne, un nom de code est a indiqué aux victimes de violences intra-familiales pour qu’elles signalent discrètement aux pharmacien.ne.s qu’elles sont en danger à leur domicile. Quand une femme demande par exemple un «mascarilla-19», les pharmacien.ne.s comprennent et appellent un numéro d’urgence permettant d’informer les autorités compétentes. Ce protocole a été activé rapidement lors de la période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus. Car l’augmentation des violences intrafamiliales était prévisible. L’Espagne a tout de suite élaboré un « plan d’urgence » contre les violences conjugales  avec, en outre, un système de messagerie instantanée et une assistance psychologique.

En France, dès le début du confinement, le ministère en charge des Droits des femmes a tiré la sonnette d’alarme, rappelé les dispositifs existants et demandé que les services de police et les centres d’accueil puissent accomplir leur mission dans de bonnes conditions. (Voir :LUTTER CONTRE LES VIOLENCES CONJUGALES EN PÉRIODE DE CONFINEMENT) Tandis que des associations réclamaient davantage de moyens pour faire face à ces drames. Des moyens jugés déjà insuffisants hors période de confinement.

Et, jeudi 26 mars, alors qu’il était invité sur France 2, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner a révélé des chiffres malheureusement assez prévisibles. Depuis le 17 mars, début du confinement, ces violences ont augmenté de « 32 % en une semaine en zone gendarmerie ». Et, dans la zone de la Préfecture de police de Paris, la hausse est de « 36 % en une semaine ». Le ministre a indiqué qu’il avait sollicité l’Ordre national des pharmaciens pour mettre en place un dispositif identique. Il a également assuré que des consignes seraient données pour que les forces de l’ordre puissent « intervenir en urgence », assurant que la lutte contre les violences conjugales est « une priorité ». Le ministre de l’Intérieur répond partiellement aux demandes d’une pétition formulée par un collectif d’associations.

En attendant, le 3919 a ré-ouvert et fonctionne du lundi au samedi, de 9h à 19h. Le numéro enfance en danger est toujours le 119. Et en cas d’urgence, c’est le 17 qu’il faut appeler.

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