Accueil Politique & Société Contre l’excision, « agir plus rapidement encore »

Contre l’excision, « agir plus rapidement encore »

par La rédaction

mgfLa journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines permet d’observer les progrès récents et le chemin qu’il reste à parcourir.


Cette année encore, « malgré tous les progrès accomplis vers l’abolition de cette pratique violente, des millions de filles – la plupart âgées de moins de 15 ans – seront forcées de subir » des mutilations génitales. C’est ce que rappelle l’UNICEF, lundi 6 février, à l’occasion de la 14ème journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF).

L’année passée, le fonds des Nations Unies pour l’enfance estimait que, dans les 30 pays du monde où la pratique est la plus courante, 200 millions de femmes et de filles ont déjà subi une forme de mutilation génitale / excision. Un cinquième d’entre elles ont moins de 14 ans, et la moitié des personnes concernées vivent dans trois pays : l’Éthiopie, l’Égypte et l’Indonésie.

Voir : Les mutilations génitales concernent 200 millions de femmes et de filles

Les progrès sont tangibles : en 2016, « plus de 2 900 communautés, représentant plus de 8,4 millions de personnes vivant dans des les pays où l »UNICEF et l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population, NDLR) travaillent conjointement pour l’abandon des MGF, ont déclaré avoir abandonné cette pratique », se réjouit l’UNICEF. Et de plus en plus de pays, comme l’Égypte ou la Gambie, font évoluer leur législation.

Transformer les normes sociales

« Les structures juridiques ne constituent cependant qu’une partie de la solution », relève ONU Femmes. « Elles doivent être complétées par de multiples stratégies de prévention, notamment en mobilisant les communautés, en influençant la transformation des normes sociales, et en impliquant les personnes qui peuvent réaliser ces changements, comme les hommes et les garçons, la société civile et les chefs religieux ».

Lire aussi : Une majorité des populations concernées sont opposées à l’excision

Pour 2017, « il nous faut réclamer d’agir plus rapidement encore en s’appuyant sur les progrès accomplis », souligne le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance. L’un des Objectifs de Développement Durable adoptés en 2015 par l’ONU est de mettre un terme aux MGF d’ici à 2030.

En France aussi

En France aussi « le phénomène existe et concerne des milliers de femmes qu’il est urgent de mieux protéger, et mieux accompagner », soulignait l’an dernier le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes. Les derniers chiffres sur le sujet datent d’il y a 10 ans. L’Institut national des études démographiques (INED) estimait à 53 000 le nombre de femmes victimes de mutilations sexuelles. La nouvelle enquête VIRAGE de l’INED devrait donner une nouvelle mesure du phénomène en 2018.

« Trois adolescentes françaises sur 10 dont les parents sont issus de pays pratiquant traditionnellement l’excision restent menacées », rappelle le réseau d’associations Excision, Parlons-en ! qui lancera le 3 mars prochain, en France et en Belgique, une campagne de prévention « visant à alerter les adolescentes sur les risques de mutilations sexuelles féminines pratiquées à l’occasion de voyage dans le pays d’origine de leurs parents pendant les grandes vacances ».

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